Le MRC présentait une soixantaine de candidats dont 9 candidats d’union avec le PS. Il n’atteint pas le seuil nécessaire pour bénéficier du financement des partis politiques (50 candidats à 1%). Au delà des 9 candidats d’union, seule une vingtaine de candidats passe la barre des 1%.

Debout la République a présenté 300 candidats dont plus d’une centaine a atteint l’objectif. Nicolas Dupont-Aignan va être réélu, cette fois-ci sans aide, contre l’UMP, le PS, le FN, le FG et les Verts. Bravo pour cette autonomie, on ne peut pas en dire autant du MRC dont les 7 candidats présents au second tour ne l’auraient jamais été sans l’intercession du PS.

Un contrat de législature a été signé le 9 mars dernier entre le PS et le MRC. Il entérine un accord politique et électoral mais prend acte également de désaccords par exemple sur le nucléaire et la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires. Il reste cependant silencieux sur le droit de vote et d’éligibilité des étrangers, il est vrai que sur cette question Jean-Pierre Chevènement avait le premier ouvert la voie du reniement. Ici et ici.

Les candidats du MRC clament a qui mieux mieux leur loyauté envers les 60 engagements de François Hollande alors que le numéro 41 porte sur le nucléaire, le numéro 50 sur le droit de vote et d’éligibilité des étrangers, le numéro 56 sur la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires. Bastien Faudot, secrétaire national du MRC, chargé des élections, confirme : «Dimanche prochain, les citoyens devront se mobiliser pour que les 60 propositions du Président de la République se traduisent en 60 réalisations» !

La palme revient à Julien Landfried, candidat parachuté dans la 13e circonscription des Hauts-de Seine (Antony, Châtenay-Malabry, Bourg-la-Reine, Sceaux) . Il déclare qu’il votera «sans hésitation» pour le droit de vote et d’éligibilité des étrangers.

Dans un article publié dans Rue 89 on découvre comment JL perçoit la circonscription : « C’est une réserve indienne ! Il n’y a presque pas d’immigration. Dans les gares RER, on n’a pas l’impression d’être dans le réseau francilien, on dirait La Défense». JL a grandi en banlieue parisienne, mais à Grigny, dans l’Essonne « C’est pas le même genre » rajoute-il. Je ne sais pas à quelles heures JL fréquente les transports mais passons. Grigny, cette «zone de non droit», ce «quartier sensible», expressions euphémiques pour désigner les territoires perdus de la République que sont les places de sûreté islamiques, serait donc la norme pour Julien Landfried ! C’est à Grigny que pendant les «événements» de l’automne 2005 un imam et son fils ont tiré au fusil de chasse sur les représentants de la puissance publique. L’expression «pogromes anti-républicains» inventée pour la circonstance par Alain Finkielkraut convient tout à fait. Je la préfère à «émeutes» qui fait la part trop belle à ces bribes de guerres de défédération contre-révolutionnaires. «Emeutes» renvoie indûment à la poésie de notre tradition révolutionnaire, à Victor Hugo, à 1848.

Je n’ai guère apprécié le sourire appuyé, presque énamouré de JL à l’adresse d’une voilée dans les rues de la Butte-Rouge à l’occasion de son porte à porte scénographié. Le minimum pour un homme de gauche aurait été un regard désapprobateur. Mettre en avant la photo de cette scène sur son blog de campagne n’a rien d’innocent. Le bougre sait où se trouve son vivier électoral, 93% des mahométans ayant voté Hollande d’après un sondage OpinionWay portant sur 10 000 sondés.

JL vient en touriste dans le sud du 9-2, «la réserve indienne», prêcher la bonne parole et assurer qu’il sera loyal à Hollande et à ses 60 engagements. Il votera donc sans état d’âme pour le droit de vote et d’éligibilité des étrangers et pour la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. Il contribuera ainsi à mettre un point final à notre République une et indivisible. Il n’y a pas si longtemps il s’était aventuré dans une autre «réserve indienne», au Local chez Batskin, pour présenter son opuscule Contre le communautarisme dans lequel il évoque, à raison, la genèse nazie de la Charte des langues régionales. «La réserve indienne» vaut bien une messe !

Julien Landfried est au coude à coude avec Patrick Devedjian, l’élection se jouera sur le fil du rasoir. Les patriotes (5,5%) peuvent faire échec au renégat. Patrick Devedjian est opposé au vote des étrangers même s’il édulcore sa position en la justifiant par la non-réciprocité.

Sur les 7 candidats MRC présents au second tour deux sont assurés de leur élection. Il s’agit dans la 10e circonscription du Val de Marne de Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre, Président du MRC. Un duel l’opposera au maire Front de Gauche d’Ivry si ce dernier ne se désiste pas. Jean-Luc est le seul candidat pour lequel on pourrait voter puisque le MRC bien qu’islamophile, est moins immigrationiste que le FG et surtout opposé au «sanspapiérisme», cheval de bataille du FG.

Le deuxième est le sympathique Christian Hutin, député sortant, maire de Saint Pol-sur-Mer dans la 13e circonscription du Nord. Il a obtenu près de 48%. Son adversaire FN ne fera pas le poids.

Dans la 7e circonscription du Var, s’affronteront dans une triangulaire, l’UMP, arrivé en tête, le MRC et le FN.

Dans les trois circonscriptions restantes, des duels opposent les candidats MRC à des candidats de droite.

Dans la 4e circonscription de l’Aisne Marie-Françoise Bechtel première vice-présidente du MRC a toutes les chances d’être élue.

Dans la 2e circonscription du Territoire de Belfort, le maire MRC de Belfort, Etienne Butzbach, devrait selon toute vraisemblance être élu.

Dans la 2e circonscription de la Drôme, Catherine Coutard, candidate du MRC, fait jeu égal avec la droite (33%). Les patriotes détiennent avec près de 20% la clef de l’élection.

Pour mémoire, le 18 janvier dernier, Jean-Pierre Chevènement faisait part de son choix pour la présidentielle : dans l’hypothèse d’un second tour Sarko/Marine il aurait appelé à voter Sarkozy. (vers 1:08:30)

Pascal Olivier