Un seul sénateur a sauvé l’honneur de la gauche en votant contre la proposition de loi constitutionnelle visant à accorder le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers.

Un seul, et il ne s’agit pas de Jean-Pierre Chevènement, mais de Pierre-Yves Collombat, sénateur PS du Var. Le 10 juillet 1940, ils étaient 21 sénateurs de gauche dont 7 de la SFIO à avoir refusé les pleins pouvoirs à Pétain. Le 8 décembre 2011, il n’en reste plus qu’un ! Gloire à Pierre-Yves Collombat dernier patriote de gauche de la Haute Assemblée !

Il a même contribué à réaliser une partie de ce que j’avais demandé dans ma supplique à Jean-Pierre Chevènement, relever le débat en faisant pièce aux contre-vérités historiques assénées par le rapporteur de la proposition de loi, Esther Benbassa ennemie de la nation. Qu’il en soit remercié.

Jean-Pierre Chevènement s’est défilé en ne prenant pas part au débat et au vote. Il aurait pourtant pu peser sur l’issue du scrutin. 173 voix contre 166, 4 voix auraient pu suffire à le faire basculer. La voix du Che plus quelques autres qu’il aurait pu glaner dans son groupe RDSE et parmi les centristes abstentionnistes. Il aurait ainsi contribué à ce qu’il appelait de ses vœux dans un article publié dans Rue 89 le jour même du débat au Sénat : «Pour gagner en 2012, la gauche doit retrouver le sens du peuple». On ne peut pas dire qu’il ait montré l’exemple !

Grâce à lui le peuple aura la confirmation quand la proposition de loi sera rejetée par l’Assemblée nationale, majoritairement à droite, que la fausse gauche est plus l’héritière d’Adolphe Thiers que la droite, que la fausse gauche est plus résolument que la droite dans le camp des jaunes briseurs de grève, favorable au «Grand Remplacement en cours» dirait Renaud Camus. Michèle Tribalat nous apprend dans un article publié dans Atlantico «Britanniques au chômage et immigrés au travail : la tension monte au Royaume-Uni» que «l’emploi des personnes nées à l’étranger s’est accru de 181 000 alors que celui des Britanniques nés au Royaume-Uni s’est effondré (-311 000)».

Cette action d’éclat, cet acte civique et patriote que JPC s’est refusé à faire aurait donné un coup de fouet à sa campagne et aurait donné du relief aux atones intentions de vote qui lui sont attribuées. Mais peut-être ne veut-il pas faire trop d’ombre à François Hollande. Il se préfère dans le rôle d’accoucheur de Président que dans celui de Président. Avoir été la sage-femme qui a mis au monde le bébé François Mitterrand et avoir assisté la fausse couche de l’avorton Ségolène Royal n’a pas suffi à échauder le Che. Il en redemande. Ce n’est pas pour autant que le PS lui sera reconnaissant, bien au contraire.

Ce n’était pas non plus le moment pour bousculer le PS puisqu’il semble que des tractations sont en cours avec le MRC en vu d’un accord électoral pour les prochaines législatives. Cette fois-ci le MRC ne pourra pas faire autrement que de se renier, il ira à Canossa sans accord politique avec le PS, les Verts lui ayant soufflé la politesse.

Hier dans le 12-13 de France 3, le Che nous a fait le cadeau d’une révélation. A la 19e minute, à une question du journaliste sur le vote des étrangers faisant partie des 110 propositions du candidat Mitterrand, il fit cette réponse : «Je me rappelle d’une négociation de réactualisation du projet de Programme commun où Georges Marchais nous avait mis en garde, les socialistes, contre, justement, le droit de vote aux élections locales, en nous expliquant qu’à Champigny et dans certaines communes de l’Ile-de-France ça créerait des groupes de pression qui seraient des électeurs agissant en bloc et qui prendraient les maires en otage. Eh bien je pense à la lumière de l’expérience que j’ai moi-même comme maire pendant plus de 20 ans et comme ministre de l’intérieur, je pense que ce risque n’est pas tout à fait nul».

Pascal Olivier