Eric Besson ne rate pas une occasion de citer Ernest Renan dans le cadre du prétendu débat qu'il a initié sur l'identité nationale. C'est pourtant Ernest Renan lui-même qui est censuré. Voici le commentaire que j'ai posté le 5 novembre dernier sur le site officiel sensé accueillir ce débat, commentaire qui a fait l'objet d'une censure :

Que penserait Renan s'il se retrouvait parmi nous aujourd'hui ? "Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. L'homme, Messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements." in Qu'est-ce qu'une nation ? Conférence donnée en Sorbonne en 1882 par Ernest Renan.

Les maints soulèvements, petits ou grands, dans les territoires perdus de la République aux cris d'allah akbar, la revendication d'une parité politique en lieu et place de l’égalité, l’allégeance supranationale à la «oumma», la séparation avec le voile islamique et jusque dans la mort avec la revendication de cimetières musulmans ainsi que les mosquées, lieux politiques d'extra-territorialité, sont-ils compatibles avec cette définition de la nation ? C'est Ernest Renan lui même qui nous donne la réponse. "L'islamisme (à l'époque on n'avait pas inventé la très peu pertinente discrimination entre islam et islamisme) ne peut exister que comme religion officielle ; quand on le réduira à l'état de religion libre et individuelle, il périra. L'islamisme n'est pas seulement une religion d'État, comme l'a été le catholicisme en France, sous Louis XIV, comme il l'est encore en Espagne, c'est la religion excluant l'État... L'islam est la plus complète négation de l'Europe ; l'islam est le fanatisme, comme l'Espagne du temps de Philippe II et l'Italie du temps de Pie V l'ont à peine connu". Discours au Collège de France en 1862.

Pascal Olivier