Bravo à l'ensemble de la gauche, et particulièrement à Henri Emmanuelli, qui s'est opposé à l'amendement introduit par le Sénat, soutenu par le Gouvernement et voté par une droite sans foi ni loi en dernière lecture à L'Assemblée nationale le 17 septembre dernier, amendement qui permet de modifier le Code civil pour l'adapter à la charia en matière fiduciaire. "On introduit le droit islamique dans le droit positif français", a déclaré Henri Emmanuelli. "Cela nous heurte profondément. C'est inacceptable. Vous faites n'importe quoi."

La gauche serait-elle sur le point de recouvrer la charge morale de la nation dont elle est historiquement la dépositaire depuis la Grande révolution ? Serions-nous sur le point de sortir du double brouillage gauche-droite introduit par l'exception gaullienne d'une part et par une contre-révolution déguisée en révolution, mai 68, d'autre part ? Si tel était le cas, nous éviterions, au moins en France, qu'une gauche finissante serve d’alibi, voire de supplétif, aux obscurantistes armées qui sourdent de partout en Europe, nous aurions gagné du temps et épargné de la peine, des larmes et du sang.

Nous pourrions même nous payer le luxe d'un bel affrontement idéologique gauche-droite, la droite faisant amende honorable en œuvrant pour la démigration, la gauche faisant amende honorable en œuvrant pour la désislamisation. Belle empoignade en perspective dont la France sortirait gagnante. Nonobstant la virulence du débat, les protagonistes auraient la même bienveillance pour leurs adversaires que celle dont font preuve les obscurantistes "modérés" vis à vis des obscurantistes "extrémistes" et vice et versa.

Le dénouement sous forme de dépassement pourrait être, inspiré par notre tradition révolutionnaire : "Tout apostat à l'islam dans le monde, assimilé à un combattant de la liberté, est Français de plein droit".

Pascal Olivier