"Comprendre, vouloir, agir" c’est infiniment mieux que "Changer la vie"
Par Pascal Olivier le lundi 7 septembre 2009, 18:52 - Lien permanent
Je publie le commentaire que j'ai posté sur le blog de Jean-Pierre
Chevènement le 30 août dernier et dans lequel j'émets le souhait de le voir
signer la pétition de "Riposte laïque". Ce commentaire fait suite à sa
participation à l'université d'été du Parti Socialiste à la Rochelle. Il
intervenait après Cécile Duflot qui avait fait sienne le titre du programme du
PS de 1972 : "Changer la vie". JPC fit savoir qu'il était l'auteur du
programme mais pas du titre et évoqua le programme de 1980 dont il était
également l'auteur : "Comprendre, vouloir, agir".
«Comprendre, vouloir, agir» c’est infiniment mieux que «Changer la vie». Quand on a choisi de changer la vie c’est qu’on a renoncé à changer le monde. Tous les renoncements du Parti Socialiste étaient déjà inscrits dans cette formule en 1972.
"Aujourd'hui nous devons construire avec tous les républicains de progrès une nouvelle alliance majoritaire, des communistes au Modem" a déclaré Vincent Peillon lors de ses ateliers d’été. Il est vrai que «les mots n’ont pas de sens, ils n’ont que des emplois»(Ferdinand de Saussure), mais tout de même ! Taubira, de Sarnez, Hue et Cohn-Bendit, communautaristes et européistes, islamophiles et turcophiles pour certains d’entre eux, qualifiés de «républicains de progrès», c’est un comble. Faisait également partie de la «fête» l’ami des jihadistes bosniaques et albanais Edwy Plenel.
Il semble que nous aurons beaucoup de mal à empêcher que la gauche française ne rejoigne la gauche italienne au Panthéon des gauches défuntes. Les primaires en Italie ont contribué à la disparition de la gauche, mais son islamophilie n’a pas compté pour rien. Notre ex-camarade, Max Gallo, du temps où il était le meilleur niçois depuis Garibaldi, pensait qu’il fallait regarder de près les événements politiques italiens parce que souvent ils se produisent en France un peu plus tard. L’exemple italien, sa connaissance intime de la gauche française et la candidature de Ségolène l’ont probablement convaincu d’opter pour une retraite dorée en habit d’académicien à l’ombre du Berlusconi français. La Coupole en guise d’île de Caprera en quelque sorte. La conséquence est qu’il manque aujourd’hui un maillon dans l’arc intellectuel républicain entre Régis Debray et Alain Finkielkraut. «Islam : ne rien céder à la politique de l’apaisement» écrivait-il en 2006 lors de l’affaire des caricatures de Mahomet. Sur les événements de l’automne 2005, il fut l’un des très rares courageux à aborder la dimension confessionnelle du soulèvement (après la malencontreuse grenade lacrymogène aux abords d’une mosquée en plein ramadan) au milieu des couards qui cherchaient à conjurer le sort en ne voulant pas que se soit autre chose que du social. Entre les «pogroms antirépublicains» d’ Alain Finkielkraut et le «basculement civilisationnel» de Régis Debray, nous avions avec Max Gallo une articulation politique.
Il faudra faire sans lui. Force est de constater que nous sommes au MRC le dernier carré de la gauche. Nous portons une lourde responsabilité devant l’histoire. Même si nous sommes très au point sur la nation (à un bémol près), sur la sécurité, sur la construction européenne, sur la crise et sur les relations internationales, nous sommes inaudibles parce que lacunaires voire fautifs sur trois questions très sensibles que le peuple suit de près : la fiscalité des classes moyennes, la Turquie et enfin l’islam.
Je ne m’étendrai pas sur la fiscalité des classes moyennes évoquée avec Elie Arié, Claire Strime et Anis dans une autre discussion.
Sur la Turquie, notre position officielle, «non au non», pour ne pas nous mélanger avec ceux qui seraient contre pour de mauvaises raisons est un paralogisme. C’est un comble alors que nous sommes le seul parti politique avec probablement DLR à vouloir une alliance stratégique avec la Russie, ce qui serait impossible avec la Turquie en Europe. Les intérêts de la Russie et de la Turquie sont géostratégiquement opposés dans les Balkans, dans le Caucase et en Asie centrale. Cela ressemble à un autre paralogisme que nous avons construit sur le vote des étrangers aux élections locales. Nous sommes contre la citoyenneté de résidence donc opposé au vote des étrangers, mais comme les ressortissants de l’Union européenne peuvent prendre part aux élections locales et que nous sommes plus proches par l’histoire des nord-africains que des scandinaves, nous sommes pour. Voilà pour le bémol sur la nation.
Sur l’islam, maintenant que nous avons réchauffé l’œuf du serpent, et qu’il est dans nos murs, il va bien falloir l’affronter. Cette question est centrale et nous n’allons pas continuer par lâcheté à jouer aux faux témoins en renvoyant dos à dos, comme s’il s’agissait de la même gravité, les communautarismes. Le confort d’une pseudo impartialité ou équité est le plus souvent de courte durée. Le communautarisme, quand il n’est pas imputable à l’islam, est certes agaçant , désagréable et contrevient à nos valeurs et à notre unité, mais il n’a pas l’ambition d’imposer sa loi à la terre entière. Le véritable enjeux est entre l‘héritage des lumières à vocation universelle et l’islam, loi à prétention universelle. Mouammar Kadafi nous a gentiment prévenu, soit nous combattons l’islam, soit nous devenons musulmans. Chaque nouvelle mosquée construite sur notre territoire apporte son cortège de malheurs, de régressions de la condition des femmes et des jeunes filles (pas seulement pour les musulmanes) et favorise les très prochaines sécessions territoriales. Sur l’étendard de l’offensive islamique que sont les voiles de tout type, il serait heureux que Jean-Pierre Chevènement signe la pétition de «Riposte laïque» demandant de mettre un terme à l’envahissement dans l’espace public de toutes ces bannières. Son collègue du RDSA au Sénat Jean-Pierre Plancade, Yvette Roudy et Corinne Lepage l’ont fait.
Si nous n’arrivons pas à sauver la gauche, les républicains et les patriotes de l’autre rive auront fort à faire avec la multitude des princes Salina sans foi ni loi dont la droite est truffée, et qui changeront tout pour que tout demeure, quitte à passer à l’islam. On reconnaît un conservateur au fait qu’il n’a aucune nostalgie constate Régis Debray. Soyons révolutionnaires, ayons de la nostalgie. De nous dépend que l’oppression ne demeure plus.
Pascal OLIVIER