Les nonistes de gauche comme de droite qui ont voulu faire des élections européennes une réitération du référendum de 2005 ont fait preuve d’amateurisme politique. Je m’en étais expliqué il y a quelques mois en évoquant une politique suicidaire. L’élection n’étant pas de même nature je ne voyais pas comment une majorité aurait pu se porter sur les listes nonistes. Les nonistes du PS ou de l’UMP voteront évidemment pour leurs partis respectifs.

Revendiquer une partie de l’abstention et du vote blanc permettra une sortie honorable d’autant plus que nombreux sont dans le camps du “non” les appels à l’abstention ou au vote blanc : MRC, Comité Valmy, RIF etc...

Bien que cette élection soit mineure et qu’il n’est pas illégitime de la boycotter, je regrette l’absence et l’invisibilité du MRC. Après l’échec des négociations avec le Front de Gauche, sans doute était-il trop tard pour des négociations avec notre alter ego de l’autre rive, Debout la République, qui avait déjà présenté ses têtes de listes.

Aux camarades du MRC qui ne peuvent réfréner leur pulsion d’aller à Canossa en appelant à voter Front de Gauche, je suggère un geste plus esthétique, moins obscène, moins compromettant et plus discret : la relecture de Sacher-Masoch, de Georges Bataille ou du Marquis de Sade.

Ils pourront également lire le discours de Jean-Luc Mélenchon au Sénat le 9 juin 1992 “Maastricht est un compromis de gauche” . En rapprochant ce texte des causes de l’échec des négociations entre le FG et le MRC, la souveraineté nationale entre autres, on peut en conclure que Jean-luc Mélenchon est resté fidèle à ce qu’il était et n’a pas été touché par la grâce républicaine comme on aurait pu le croire en 2005. Nicolas Dupont-Aignan et quelques uns de ses amis se trompent en qualifiant Jean-Luc Mélenchon d’internationaliste. Nous sommes au MRC internationalistes parce que patriotes ce qui va de pair. JLM est un européiste fédéraliste et un mondialiste.

L’appel au vote blanc, tout à fait légitime, a cet avantage qu’il permet de se rendre dans les bureaux de vote. En 1981, l’inscription sur les listes électorales de partisans de Coluche, qui ne se seraient jamais inscrits autrement, a quelque peu contribué à la victoire de François Mitterrand. Il me semble que dans le secret de l’isoloir entre le bulletin blanc et le bulletin DLR les républicains et les patriotes sincères feront le bon choix, ne serait-ce qu’en raison de la bienveillance qu’ils se doivent mutuellement. C’est le choix que je ferai même si je regrette qu’Anne-Marie Le Pourhiet ne soit plus candidate et que DLR n’ait pas su offrir à Paul-Marie Coûteaux, égaré un temps chez de Villiers, l’asile politique qu’il mérite. Marie-Noëlle Lienemann comme Paul-Marie Coûteaux ne retrouveront pas leur siège au parlement européen, c’est dommage.

C’est en toute conscience que je fais ce choix et d’autant plus aisément que je ne fais pas partie de ceux qui appellent au rassemblement des républicains des deux rives. Nous avons pour le moment stratégiquement des missions différentes et nous sommes plus utiles séparés que dilués dans le marécage d’un centre républicain. Cela n’empêche pas qu’on puisse se retrouver ponctuellement comme ce fut le cas contre le traité de Lisbonne ou lors de futures échéances électorales.

Pascal OLIVIER