Le blog de Pascal Olivier

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lundi 12 décembre 2011

Droit de vote et d’éligibilité des étranger : Un seul sénateur a sauvé l’honneur de la gauche !

Un seul sénateur a sauvé l’honneur de la gauche en votant contre la proposition de loi constitutionnelle visant à accorder le droit de vote et d'éligibilité aux étrangers.

Un seul, et il ne s’agit pas de Jean-Pierre Chevènement, mais de Pierre-Yves Collombat, sénateur PS du Var. Le 10 juillet 1940, ils étaient 21 sénateurs de gauche dont 7 de la SFIO à avoir refusé les pleins pouvoirs à Pétain. Le 8 décembre 2011, il n’en reste plus qu’un ! Gloire à Pierre-Yves Collombat dernier patriote de gauche de la Haute Assemblée !

Il a même contribué à réaliser une partie de ce que j’avais demandé dans ma supplique à Jean-Pierre Chevènement, relever le débat en faisant pièce aux contres-vérités historiques assénées par le rapporteur de la proposition de loi, Esther Benbassa ennemie de la nation. Qu’il en soit remercié.

Jean-Pierre Chevènement s’est défilé en ne prenant pas part au débat et au vote. Il aurait pourtant pu peser sur l’issue du scrutin. 173 voix contre 166, 4 voix auraient pu suffire à le faire basculer. La voix du Che plus quelques autres qu’il aurait pu glaner dans son groupe RDSE et parmi les centristes abstentionnistes. Il aurait ainsi contribué à ce qu’il appelait de ses vœux dans un article publié dans Rue 89 le jour même du débat au Sénat : «Pour gagner en 2012, la gauche doit retrouver le sens du peuple». On ne peut pas dire qu’il ait montré l’exemple !

Grâce à lui le peuple aura la confirmation quand la proposition de loi sera rejetée par l’Assemblée nationale, majoritairement à droite, que la fausse gauche est plus l’héritière d’Adolphe Thiers que la droite, que la fausse gauche est plus résolument que la droite dans le camp des jaunes briseurs de grève, favorable au «grand remplacement en cours» dirait Renaud Camus. Michèle Tribalat nous apprend dans un article publié dans Atlantico «Britanniques au chômage et immigrés au travail : la tension monte au Royaume-Uni» que «l’emploi des personnes nées à l’étranger s’est accru de 181 000 alors que celui des Britanniques nés au Royaume-Uni s’est effondré (-311 000)».

Cette action d’éclat, cet acte civique et patriote que JPC s’est refusé à faire aurait donné un coup de fouet à sa campagne et aurait donné du relief aux atones intentions de vote qui lui sont attribuées. Mais peut-être ne veut-il pas faire trop d’ombre à François Hollande. Il se préfère dans le rôle d’accoucheur de Président que dans celui de Président. Avoir été la sage-femme qui a mis au monde le bébé François Mitterrand et avoir assisté la fausse couche de l’avorton Ségolène Royal n’a pas suffi à échauder le Che. Il en redemande. Ce n’est pas pour autant que le PS lui sera reconnaissant, bien au contraire.

Ce n’était pas non plus le moment pour bousculer le PS puisqu’il semble que des tractations sont en cours avec le MRC en vu d’un accord électoral pour les prochaines législatives. Cette fois-ci le MRC ne pourra pas faire autrement que de se renier, il ira à Canossa sans accord politique avec le PS, les Verts lui ayant soufflé la politesse.

Hier dans le 12-13 de France 3, le Che nous a fait le cadeau d’une révélation. A la 19e minute, à une question du journaliste sur le vote des étrangers faisant partie des 110 propositions du candidat Mitterrand, il fit cette réponse : «Je me rappelle d’une négociation de réactualisation du projet de Programme commun où Georges Marchais nous avait mis en garde, les socialistes, contre, justement, le droit de vote aux élections locales, en nous expliquant qu’à Champigny et dans certaines communes de l’Ile-de-France ça créerait des groupes de pression qui seraient des électeurs agissant en bloc et qui prendraient les maires en otage. Eh bien je pense à la lumière de l’expérience que j’ai moi-même comme maire pendant plus de 20 ans et comme ministre de l’intérieur, je pense que ce risque n’est pas tout à fait nul».

Pascal Olivier

mardi 6 décembre 2011

Supplique à Jean-Pierre Chevènement

Cher camarade, cher Jean-Pierre,

Le 8 décembre prochain au Sénat, en faisant progresser le processus pour le droit de vote et d’éligibilité des étrangers, la fausse gauche portera gravement atteinte à ce qui fonde la France, et au delà, à ce qui fonde une bonne partie de l’humanité, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789. Son article III est tout particulièrement visé : «Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément».

Tu as dans ton livre-programme, Sortir la France de l’impasse, brillamment expliqué en quoi cette «citoyenneté de résidence», purement idéologique, introduite par le traité de Maastricht et clairement rejetée par les Français le 29 mai 2005, n’a pas de surcroît à être étendue aux résidents extra-communautaires. Tu as parfaitement démontré en quoi la chimérique monnaie unique, cause des graves tourments que subissent les peuples européens, était également le produit de l’idéologie d’apprentis sorciers qui faisant fi de nations millénaires pensaient qu’en l’absence d’un corps politique européen, un cratos pouvait créer un demos. Il s’agit donc bien d’une seule et même question, la contre-révolution en marche, il s’agit d’étouffer le cri de Valmy, de tourner la page de notre Grande révolution qui a éclairé et éclaire le monde.

«Le saucissonnage de la citoyenneté» comme tu le dis si bien n’est qu’une étape vers la création d’un «contre-citoyen», autrement dit d’un sujet du monde post-démocratique en gestation, sujet totalement indépendant de la nationalité. Les conclusions du Conseil européen de Tampere des 15 et 16 octobre 1999 vont dans ce sens : « Le statut juridique des ressortissants des pays tiers devrait être rapproché de celui des ressortissants des Etats membres. Une personne résidant légalement dans un Etat membre pendant une période à déterminer et titulaire d’un permis de séjour de longue durée devrait se voir octroyer dans cet Etat membre un ensemble de droits uniformes aussi proches que possible de ceux dont jouissent les citoyens de l’Union européenne ».

Une partie importante de la fausse gauche est favorable à cette «citoyenneté européenne» de résidence et demande que les extra-communautaires jouissent des mêmes droits que les communautaires, donc y compris du droit de vote et d’éligibilité à l’élection du Parlement européen. L’autre partie de la fausse gauche, plus prudente, préfère procéder par étapes en commençant par les municipales. Les ennemis de la nation n’ont pas encore vraiment trouvé la faille pour exiger la même chose pour les législatives et les présidentielles, mais ce n'est pas vraiment nécessaire puisque l'échelon national est appelé à disparaître...

Aussi, je suis peiné et consterné d’apprendre que tu ne prendras pas part au débat et au vote sous prétexte de ne pas te «laisser instrumentaliser» ! Seul toi peux peser sur le débat. Il doit bien se trouver à gauche une poignée de sénateurs sincères que tu pourrais convaincre, et à droite parmi ceux tentés par la pseudo-modernité de cet abandon de souveraineté, une autre poignée de sénateurs que tu pourrais également convaincre. Cela suffirait à faire capoter ce funeste dessein des ennemis de la nation. Tout au moins cela servirait à relever le débat. Je pense en disant cela, entre autres, au rapporteur de la proposition de loi scélérate, Esther Benbassa, appartenant au régressif, obscurantiste et réactionnaire EELV. Elle a tout simplement omis dans sa présentation historique lors de l’examen en commission le fameux article III de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen !

Tu demandes à François Hollande d’acquérir une stature d’homme d’Etat en s’affranchissant des turpitudes de son parti et de celui des Verts. Charité bien ordonnée commence par soi-même, n’es-tu pas candidat ! Pourquoi cette désertion ? Si tu penses que faire bouger les lignes sur cette question à gauche est une cause désespérée, pourquoi au moins ne pas sauver l’honneur de la gauche par ta participation au débat et au vote ? Il me semblait que tu avais fait tien l'aphorisme de Guillaume d'Orange emprunté à Charles le Téméraire : "Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer».

Salut et fraternité.

Pascal Olivier,
militant du MRC
co-fondateur de Résistance républicaine avec deux anciens camarades du MRC.

mercredi 30 novembre 2011

Les ennemis de la nation (PS et EELV) signent un pacte. La candidature de Chevènement renforce le camp des patriotes.

J’emprunte l’expression «ennemis de la nation» à Maximilien de Robespierre. Elle sied parfaitement au PS et à EELV signataires d’un pacte qui prend la forme d’un programme politique pour liquider la France.

Il s’agit d’occire le dernier fleuron de notre industrie, fleuron jalousé dans le monde entier, notre nucléaire civil qui contribue à notre indépendance énergétique, à notre souveraineté, à notre liberté. Il s’agit de renoncer à notre siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, de supprimer le droit de veto des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Il s’agit de la co-officialisation de 70 idiomes à égalité avec le français par la ratification de la charte des langues minoritaires et régionales. Tout cela a au moins le mérite de la clarté.

Il se pourrait bien que le PS ainsi bardé rencontre quelques difficultés à berner une nouvelle fois le MRC et Jean-Pierre Chevènement. Le Che a demandé que tel Louis XI Francois Hollande déchirât ce pacte contraire aux intérêts de la France. JPC qui avait contribué à l’intronisation de Francois Mitterrand au congrès fondateur d’Epinay en 1971 et qui avait rédigé les deux programmes du Parti socialiste dans l’opposition en 1972 et 1980 avait été désavoué, trahi par le tournant de 1983. Beaucoup plus récemment un accord politique avait été signé fin 2006 entre le MRC et le PS. François Hollande était le premier secrétaire et Ségolène Royal la candidate à l’élection présidentielle. La bougresse n’avait pas attendu aussi longtemps que Mitterrand pour trahir. Ce fut fait entre les deux tours de la présidentielle . Elle fit siennes les thèses de la sortie du nucléaire en total contravention avec l’accord. Elle fila le parfait amour politico-idéologique avec un pseudo-philosophe très médiatisé pourfendeur de «l’idéologie française», aux antipodes du Che. Peu après, Royal et Hollande piétinèrent définitivement l’accord en se rendant coupables de crime conte la démocratie par le soutien, au moins implicite, au traité de Lisbonne, forfaiture de Sarkozy, coup d’Etat contre le souverain. Je pense comme Paul-Marie Coûteaux que tous ceux qui se sont rendus coupables et complices de ce crime devront rendre des comptes.

Le MRC était piégé par les très honorables accords politiques (et piètres accords électoraux) qu'il signait avec le PS. Gardien de l'orthodoxie socialiste républicaine, il est un reproche vivant pour le PS, sa conscience morale en exil, son «aiguillon républicain» comme le MRC aime misérablement à le répéter. Le MRC ne se reniait pas pour autant en signant avec le PS car ce dernier ne faisait pas de grandes difficultés pour faire mine de s’aligner sur les positions du MRC. Cela n’empêchait pas le MRC d’en sortir à chaque fois trahi et cocufié.

L’accord PS-EELV bouscule fort opportunément cette routine. Le Che n’a pas mâché ses mots : «Une secte (les Verts) fanatique, un mouvement anti-science, obscurantiste, régressif». Il espère encore que Hollande adoptera son «logiciel» après avoir renié celui des Verts. Il pourrait ainsi se retirer la conscience tranquille avec le sentiment du devoir accompli. Toujours cette fameuse stratégie d’influence. C’est lui qui a jadis convaincu la gauche de la nécessité de la force de frappe, la fameuse dissuasion nucléaire. Notre Cincinnatus national ne rêve pas d’être Président, même pas en se rasant, il n’en a pas non plus rêvé enfant. Il est candidat comme en 2002 par devoir et par défaut, «pour faire bouger les lignes». Les lignes ont bougé à gauche, mais pas dans le sens escompté.

En attendant la candidature du Che renforce le camp des patriotes. Sa voix porte. Elle amplifie celle ténue d’un Nicolas Dupont-Aignan et apporte, certes bien malgré lui, une onction à celle de la jeune Marine Le Pen. Celle-ci avait affirmé qu’elle se sentait proche de lui. De son côté les lignes ont bougé, la conversion républicaine de Marine est plutôt réussie. Eh oui on ne choisit pas toujours ses héritiers, encore moins ses compagnons et camarades de résistance. Et puisque comme le dit très justement JPC nous sommes en juin 40...

Le Che quant à lui et contre toute attente a fait bouger ses propres lignes. Partisan, en bon républicain, d’une citoyenneté de nationalité et non pas de résidence, il était par principe opposé au droit de vote des étrangers. Mais par l’effet d’un incroyable paralogisme il était malgré tout favorable au vote des étrangers : les ressortissants de l’Union européenne peuvent depuis le traité de Maastricht prendre part aux élections locales, les scandinaves peuvent voter, alors pourquoi pas les nord-africains plus proches de nous ? Dans son livre programme, Sortir la France de l’impasse, il écrit : «Ce n’est pas parce qu’on a commis une erreur qu’on doit la généraliser». Alléluia ! Il ne reste plus qu’à espérer que l’étape suivante soit un aggiornamento sur la question migratoire et la question islamique.

Pascal Olivier

dimanche 20 novembre 2011

Ce que ni Sarkozy ni le PS ne disent sur les dessous de la dette…

Nicolas Sarkozy achète du temps à prix d'or en tentant de maintenir l’euro sous perfusion jusqu’aux prochaines élections présidentielles et législatives. Il n’est pas dit qu’il y arrive. Il n’arrivera pas non plus, et là c’est une quasi certitude, à maintenir le triple A, maintien du triple A qu’il a pourtant donné pour seul horizon à son peuple, reconnaissant ainsi que c’est Standard & Poor’s qui dicte la politique de la France !

En attendant il a parfaitement réussi lors de sa conférence le 27 octobre dernier et lors du G 20 de Cannes à ne pas aborder la principale question, celle de la surévaluation de l'euro qui crée de la dette dans toute la zone sauf en Allemagne. La zone euro, on pourrait presque dire la zone mark, permet à l’Allemagne d’y réaliser 60% de ses excédents commerciaux (70% dans l’UE). On comprend mieux pourquoi l’Allemagne s’oppose à une dévaluation de l’euro. Sarkozy a préféré plus confortablement aborder la question de la sous évaluation du yuan.

Il a tenté de culpabiliser les Français : "Nous dépensons trop". C’est faux. Il n’y a pas d’augmentation des dépenses mais plutôt une baisse des recettes en raison de la désindustrialisation de la France. La part de l’industrie dans notre PIB est passé de 30% en 1982 à 13% actuellement. La cure d'austérité qu'il préconise est au contraire facteur de récession comme on peut en voir déjà les effets dévastateurs en Grèce. La rigueur est un facteur de ralentissement de l’économie qui engendre une baisse des recettes fiscales et du coup une augmentation de la dette. Sans politique de relance industrielle conséquente il ne peut y avoir de protection sociale qui tienne.

Nicolas Sarkozy a soigneusement omis de dire que le quart de la dette est dû à une décennie de politique du franc fort destinée à converger avec le mark en vue de l'euro. Cette politique du franc fort nous a en outre coûté un million d'emplois. Nous avons ainsi avec cette politique désastreuse pour notre compétitivité indirectement contribué à financer la réunification allemande ! Un autre quart de la dette est à mettre sur le compte de l'euro trop élevé pour notre économie.

Une bonne partie du reste de la dette est imputable à la privatisation de la création monétaire, véritable pillage, conséquence de la conjugaison de la loi Pompidou-Giscard de 1973 (reprise par l'article 104 du traité de Maastricht puis par l'article 123 du traité de Lisbonne) et de la dérégulation générale et généralisée commencée dans les années 80. L’Acte unique européen (signé en 1986, entré en vigueur en 1987) s’accompagne de pas moins de 300 directives de dérégulation !

Cette loi de 1973 qui au départ avait pour fonction d’empêcher la création monétaire (vulgairement , actionner la planche à billets) facteur d’inflation, obligeait le Trésor à se financer soit auprès des banques, soit par le lancement d’emprunts nationaux. Le Trésor ne pouvait donc plus emprunter à la Banque de France à un taux compris entre 0 et 1% comme c’était le cas auparavant. Cela pouvait avoir un sens tant que l’argent prêté par les banques était celui des déposants. Mais quand les banques empruntent à 1% auprès de la BCE (Banque centrale européenne) et prêtent aux taux assassins de 6% à l’Italie ou de 10% à la Grèce il s’agit à nouveau d’une création monétaire cette foi-ci privatisée assortie d’une mise en coupe réglée du pays emprunteur.

Alors que la crise est mondiale, que la cigale américaine avec sa banque centrale fait de la création monétaire à tire-larigot, que l’euro était sensé nous protéger, pourquoi la zone euro s’avère-t-elle le maillon faible de la planète ?

D’abord parce que historiquement toute intégration monétaire réussie s’accompagne d’une phase de protectionnisme. C’est le contraire qui s’est produit dans la zone euro, alors que Chinois et Américains faisaient du protectionnisme, la zone euro était offerte à tous les mauvais coups par une quasi absence de barrières douanières, la fameuse «concurrence libre et non faussée», autrement dit le renard dans le poulailler ou le loup dans la bergerie.

Mais surtout parce que l’euro est avant tout une monnaie politique avec un vice de conception originel dénoncé dès le départ en 1992 lors du débat autour du référendum de Maastricht par Chevènement, Séguin et Pasqua. 17 nations différentes par la culture, la langue, l’histoire, les structures économiques avec chacune une monnaie qui en est le corollaire ne peuvent avoir la même monnaie qu’à la condition de ne plus faire qu’un. Les concepteurs de l’euro le savaient. Ils voulaient forcer les choses. Faisant fi de nations millénaires, ces apprentis sorciers pensaient qu’en l’absence d’un corps politique européen, un cratos pouvait créer un demos !

Comble de l’ironie cette monnaie faite pour faire converger les pays les a fait diverger : excédent d’un côté et déficit, endettement et désindustrialisation de l’autre. Il faut dire que l’Allemagne l’a en permanence «joué perso». Opérer en Allemagne une déflation compétitive (baisse des salaires) au détriment de ses partenaires de la zone euro privés de la possibilité de dévaluer n'est pas très fair-play, d’autant plus que les pays du Sud de l’Europe ont des économies qui traditionnellement marchent à la dévaluation. Cerise sur le gâteau, l’Allemagne a toujours refusé que la BCE ait un autre mandat que celui de la lutte contre l’inflation, comme par exemple celui de favoriser la croissance et l’emploi. Et dire que la promesse de l’euro a été l’expédient qui a permis à l’Allemagne de faire accepter sa réunification !

Tous les cabris qui nous chantent que la solution est dans le saut fédéral sont des charlatans. L’Allemagne est très soucieuse de sa souveraineté. La Cour constitutionnelle de Karlsruhe a jugé qu’il n’y avait pas de peuple européen et par conséquent un déficit de démocratie européenne et que le dernier mot revient donc au Bundestag. La nation est le lieu de la démocratie mais aussi celui de la solidarité. L’Allemagne n’est pas disposée pour telle ou telle région d’Europe à consentir les mêmes sacrifices que pour les länder de l’Est. Il n’est pas impossible que pour éviter de payer elle sorte de l’euro après s’être copieusement payée sur la bête. Des marks auraient été discrètement imprimés au cas où.

Nicolas Sarkozy prétend aujourd’hui qu’avoir accepté la Grèce dans la zone euro fut une erreur. A partir du moment où l’euro avait un but politique et non pas économique la Grèce y avait toute sa place. Il semble que Sarkozy ait l’intention d’arrimer la France à l’Allemagne dans une zone euro débarrassée des pays du Sud. Si cela se confirmait, quelle erreur historique ce serait pour la France ! Elle perdrait dans cette nouvelle zone mark le peu d'industrie qu’il lui reste et subirait la concurrence des pays du sud de l'Europe dotés d'une nouvelle (ancienne) monnaie dévaluée. La France est le seul pays à avoir à la fois une façade maritime conséquente en Méditerranée et une façade au Nord avec la Manche et la mer du Nord. Son nom est germanique, seuls les Grecs qui ont la mémoire longue ont gardé dans leur langue les termes de Gaule et de Gaulois (les colons qui hantent nos banlieues nous appellent également des Gaulois, mais pour des raisons beaucoup moins amicales). Mais notre langue est latine et notre culture beaucoup plus gréco-latine que germanique. Gramsci pensait que la France était plus l'héritière de Rome que l'Italie. Cette digression pour dire qu'en plus des intérêts évidents qu'aurait la France à ne pas s'engluer dans une union monétaire réduite à la Hanse, la présence de la France dans une éventuelle union monétaire des pays latins et de la Grèce serait riche en symbole.

Mon économiste préféré, le brillant Jacques Sapir, envisageait (1) (2) (3) des solutions intermédiaires, comme celle que je je viens d'évoquer, pour préparer une fin de l’euro qui ne soit pas abominable. "Les solutions intermédiaires, par exemple l’établissement d’une monnaie commune avec certains pays dans le cadre d’un système de changes fixes mais révisables et un contrôle des capitaux, sont encore possibles. Mais, pour cela, il nous faut retrouver notre autonomie monétaire et financière. Cela veut dire retrouver notre monnaie, une opération bien moins difficile que l’on veut nous le faire croire."

Si Papandréou avait été patriote, voilà comment il aurait défendu les intérêts de son pays et par la même occasion celui des européens. Lisez cet article récent de Jacques Sapir, cela en vaut la peine : Comment Papandréou aurait pu éviter l'ukase du directoire Merkozie.

De tous les candidats à la présidentielle seuls trois d’entre eux ne se moquent pas du peuple sur cette question. Il s’agit de Jean-Pierre Chevènement, de Marine Le Pen et de Nicolas Dupont-Aignan. Peu de choses les différencie. Ce pourrait être le sujet d’un autre article.

Pascal Olivier

(Publié le 14 novembre 2011 dans Riposte Laïque

Goasguen et la direction nationale du B’nai B’rith sont dans l’esprit munichois

Suite à la séquence Claude Goasguen versus Riposte laïque voici un rappel de quelques déclarations du député-maire :

Le 14 novembre 2009 chez Ardisson : «On est allé trop loin dans l'assimilation, il faut lâcher du lest». Un peu plus loin dans l'entretien, il est question de désamorcer par le semblant de débat sur «l’identité nationale» la légitime inquiétude et révolte des Français : «C'est un problème très important pour la France, sinon ça va péter».

Le 15 décembre 2010 chez Field au plus fort de la médiatisation (grâce à RL et à la résistance) de la confiscation de l’espace public par les mahométans : «... un islam de la République, ce sera à mon avis beaucoup plus facile qu’avec l’Eglise catholique parce que l’islam est moins hiérarchisé que l’Eglise catholique et s’adapte parfaitement au pays dans lequel il vit.»

La messe était déjà dite. Goasguen a choisi son camp, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Vivement la libération !

Quant au B’nai B’rith qui était le seul à pouvoir réellement interdire un livre ou des invités à son salon, le moins qu’on puisse dire est qu’il n’a pas mis longtemps à céder aux pressions conjuguées de Claude Goasguen, de la fausse gauche, du Crif et consorts.

Nous n’avions pas hésité à Résistance républicaine, quitte à perdre quelques uns de nos camarades, à condamner l’opération «Un bateau pour Gaza». Le B’nai B’rith n’a pas fait preuve du même courage. Il semble que la résistance française ne pourra plus compter sur lui après cette mise au pas.

Après ce revirement et cette prise de distance d’avec la résistance, comment ne pas penser à la traditionnelle et détestable attitude, au manque de solidarité de l’Etat d’Israël envers les autres peuples ou minorités qui ont fort à faire avec les mahométans ? Israël n’a, par exemple, toujours pas reconnu le génocide des Arméniens en raison de l’alliance stratégique conclue avec la Turquie. Il y avait quelque chose d'obscène dans cette alliance entre le premier génocideur (non repenti) du XXe siècle avec les victimes du deuxième génocide du même siècle. J’en parle au passé parce que depuis l’attaque turque contre Israël («la flottille»), cette alliance a du plomb dans l’aile malgré les efforts désespérés d’Israël pour se rapprocher à nouveau de la Turquie. La politique néo-ottomane de la Turquie la pousse à donner des gages au monde musulman et à traiter Israël en vassal. Cette brouille a par ailleurs permis un inattendu rapprochement entre Israël, la Grèce et Chypre. Comme quoi tout arrive, même le meilleur !

Dans Difficile liberté, Emmanuel Lévinas fait part de son éblouissement pour la France : «Un peuple qui égale l’humanité et une nation à laquelle on peut s’attacher par l’esprit et par le cœur aussi fortement que par les racines». C’est cette France que le B’nai B’rith national trahit.

Pascal Olivier
co-fondateur de Résistance républicaine

(Publié le 12 Novembre dans Riposte laïque)

jeudi 10 novembre 2011

Hommage à Michelet en ce jour de massacre et de torture des ovins par les mahométans

Michelet

Ce 6 novembre 2011, ce jour de massacre et de torture (*) rituels des ovins par les mahométans, holocauste joyeusement fêté, est un jour de deuil pour les républicains et les démocrates. Voici donc en réaction un hommage fleuri à Jules Michelet, père de la zoophilie républicaine, héritage des Lumières. Michelet avait prophétiquement annoncé que persécuter les animaux c'est compromettre la démocratie. Comme ce bouquet déposé sur sa tombe (voir photo) on peut multiplier à l'infini des petits actes de désapprobation ou de résistance. On peut par exemple arborer un brassard noir, manifester sa désapprobation et sa tristesse auprès de collègues, de voisins etc...

Pascal Olivier

(*) Torture en raison de la dérogation à l'étourdissement avant l'abattage. 

mardi 13 septembre 2011

Le 11 septembre 2001 ou le déclin de l’Empire américain.

«Bien fait pour la gueule des Ricains» pensaient les camarades CGT de Pierre Cassen. C’est ce que j’ai pensé à l’époque et que je pense encore au delà de la naturelle compassion pour les victimes et pour le peuple américain. J’ai éprouvé un immense soulagement rempli d’espoir, presque une joie : les alliés islamistes des américains se retournaient contre leur protecteur, le cauchemar allait enfin s’arrêter.

Le fait est qu’il y eut une pause (de courte durée) : les troupes d’Al-Qaïda arrivées en Bosnie à la faveur des manœuvres de l’Otan furent expulsées, il fut mis un arrêt à la progression militaire des Albanais dans l'Ancienne République Yougoslave de Macédoine bien que les Américains interdissent aux autorités de juger les terroristes albanais. La géopolitique américaine - décrite par Zbigniew Brzeziński dans Le Grand Echiquier - marquait le pas. Elle consistait, en favorisant une influence islamique et turque jusque sur les rives de l’Adriatique, à empêcher le continent européen libéré du mur de Berlin de devenir un acteur stratégique indépendant ; elle recréait une séparation entre le protectorat ouest-européen et le monde orthodoxe slave.

Je n’ai pu m’empêcher de penser à toutes les horreurs et à tous les malheurs qu’avait engendrés l’alliance stratégique conclue entre les Etats-Unis et ce que l’Arabie comptait de plus obscurantiste et de plus rétrograde, les Ibn Saoud. L’Arabie séoudite est le seul Etat du monde à porter le nom d’une famille ! Ce sont de riches séoudiens qui financent la construction des mosquées à la surface du globe ainsi que le jihad. Les auteurs de l’attentat étaient des séoudiens instruits appartenant aux classes aisées. J'aime à le rappeler aux niais ou aux malhonnêtes (les deux existent) qui professent que le terrorisme islamique prospère sur le terreau fertile de la misère et de l'ignorance. Ces alliés de l'Empire en Afghanistan, dans les Balkans et ailleurs ne supportaient plus la présence en Arabie séoudite - toute entière assimilée à une grande mosquée - de leurs amis les troupes «impies» américaines qui y avaient pris pied, depuis qu'ils avaient contre l'Irak, volé au secours de ce que la planète compte de plus rétrograde et de plus jihadiste : les théopétromonarchies. Il est vrai que la première armée du monde pouvait encore se permettre quelques reliquats de dignité. Ce ne fut pas le cas de nos gendarmes du GIGN humiliés par l’obligation de se convertir à l'islam pour pouvoir voler au secours des Ibn Saoud en donnant l'assaut contre ceux qui s'étaient emparés de la Grande Mosquée de la Mecque en 1979. C’était il y a 32 ans sous le règne de Giscard, la gauche n’y était pour rien !

On a beaucoup reproché à Bush junior ses «croisades» contre l’islam en réaction à l’attentat . Je ne voyais pas où il y avait croisade à part dans le discours, tout au plus une réitération moderne de la quatrième croisade contre nos frères orthodoxes dans les Balkans. La guerre de religion planétaire n’eut pas lieu, bien au contraire. Le coup venait d’Arabie séoudite, il ne lui fut pas rendu. Il n’y eut pas en retour pour laver l’affront quelques Tomahawks envoyés sur les deux mosquées (La Mecque et Médine). L’émasculation des deux élévations humaines les plus hautes de l’époque, les Twin Towers est lourde de sens pour l’islam très attaché à sa suprématie érectile. Dans le monde musulman mosquées et minarets doivent impérativement dominer clochers et églises. L’Arabie séoudite avait même exigé (sans succès) que la mosquée de Rome soit plus haute que Saint Pierre du Vatican ! Le fait est qu’aujourd’hui la plus haute élévation construite par l’homme se trouve dans le Golfe, Burj Khalifa, une tour de 828 mètres à Dubaï !

En guise de «croisade» les américains nous gratifièrent d’une énième guerre du pétrole en Irak, l’un des Etats le plus séculier du monde arabe, à des années-lumière d’une quelconque responsabilité dans l’attaque du 11 septembre. Et voilà comment après avoir pris l’Afghanistan aux Russes pour le rendre à son obscurantisme, comment après avoir contribué à la création d’un Etat musulman au cœur de l’Europe, la Bosnie plaque tournante des attentats, comment après avoir arraché le Kossovo à la Serbie, l’Oncle Sam installait à la place de l’Irak trois satrapies islamiques qui excluaient de fait les chrétiens irakiens de ce berceau de la chrétienté. Jolie croisade en effet !

Divine surprise, nous n’étions pas très chauds en France et en Allemagne pour prendre part à cette guerre. Qu’est-ce qui avait donc tant changé depuis 1990-1991 date de la première «ratonnade électronique» (1) contre l’Irak, celle qui avait fait presque l’unanimité à l’exception très remarquée et remarquable de Jean-Pierre Chevènement ? Qu’est-ce qui mettait cette fois-ci Chirac et Villepin dans le camp des justes ? Etait-ce le résultat des signes de faiblesse qu’avait donnés les Etats-Unis avant le 11 septembre, faiblesse brutalement exacerbée par le sentiment de vulnérabilité occasionné par la première grosse attaque sur son sol depuis la seconde guerre mondiale ? Etre attaqué par des anciens alliés et ne pas être soutenu par d’autres est effectivement un signe que le maître n’est plus tout à fait le maître. On peut comprendre le ressentiment qu’ont éprouvé les Américains. Mais il ne faut pas se réjouir trop vite, cette apparente rédemption de Chirac et ce magnifique discours de Villepin à l’ONU cachaient autre chose. Cette fois-ci, en 2003, il ne s’agissait pas de faire la guerre aux orthodoxes ou de voler au secours des théopétromonarchies, on pouvait donc légitimement craindre en France une brutale réaction, voire un soulèvement de la part de ceux qui font allégeance à la "oumma". Chirac était en outre effrayé par la perspective de voir la Turquie récupérer une ex-province de l'Empire ottoman, Mossoul. C'était en effet la condition qu'avait posée la Turquie pour être de l'expédition. N’ayant pas obtenu gain de cause elle ne participa pas à cette guerre.

Avec l’avènement d’Obama il y eut le fameux discours du Caire qui consacra l’islam comme une religion de l’Empire un peu comme l’Edit de Milan de Constantin en 313 consacra le christianisme comme une religion de l'Empire avant qu'il ne devienne plus tard «la» religion de l'Empire. Les vassaux européens eurent droit à des remontrances sur la question du voile islamique. Un imam islamiste a même obtenu le droit d’ériger une mosquée dans le périmètre de «Ground Zero», alors que le seul édifice religieux détruit par l’attentat, une église orthodoxe grecque construite en 1916 et qui se trouvait au pied des tours jumelles est interdite de reconstruction comme si le pacte d’Omar s’appliquait d’ores et déjà dans le Nouveau Monde.

Nous nous sommes beaucoup émus de la relégation dans les programmes d'histoire de Clovis, de Louis XIV, de Napoléon etc.. Voici des extraits d’un câble diplomatique de l'Ambassade américaine en France classé confidentiel et dévoilé par Wikileaks, daté de janvier 2010 et intitulé, Stratégie d'engagement auprès des minorités :

« De plus, nous continuerons et renforcerons notre travail avec les musées français et les enseignants pour réformer le programme d’histoire enseigné dans les écoles françaises, pour qu’ils prennent en compte le rôle et les perspectives des minorités dans l’histoire de France ».

« Restant fidèle à l’histoire unique de la France et de ses traditions, l’ambassade de Paris a créé une stratégie d’engagement pour les minorités qui englobe, entre autres groupes, les populations musulmanes françaises.  »

«En s’appuyant sur notre travail avec les deux sites Web de premier plan axés vers les jeunes musulmans de langue française — oumma.fr et saphirnews.com – nous soutiendrons, formerons et investirons dans des médias et des militants politiques qui partagent nos valeurs.»

Le déclin de l’Empire américain n’est pas étranger au vent de liberté et de révolte contre l’islam qui commence à souffler en Europe. L’islam utilisé comme fer de lance religieux de l’Empire aiderait les Etats-Unis dans leur volonté de continuer à diriger seuls le reste du monde. Une course est engagée, pour nous libérer de l’islam, il faut nous libérer assez vite de l’Empire.

Pascal Olivier (Article publié le 12 septembre 2011 dans Riposte laïque)

(1) Expression empruntée de mémoire à Régis Debray .

mardi 9 août 2011

Aubry et Hollande, deux bébés Jospin-Delors, une chance inespérée pour Sarkozy

L'exploitation des rumeurs indécentes qui circulent concernant la fille Delors épouse Brochen, rumeurs assez récentes autour d’aspects supposés de sa vie privée, ressemble à un fort opportun contre-feu allumé pour permettre à la dame de contre-attaquer globalement en noyant le factuel, qui est accablant, dans la mystification et de fuir le débat politique. Esquive du débat de fond, à l’heure où l’euro rend ses derniers soupirs et alors que la France est parsemée de compagnies comme aux temps troublés du Moyen Age et de places de sûreté comme pendant les guerres de religion. On peut légitimement se demander à qui profite le "crime" ! Quelle aubaine que ces procès destinés à faire le «buzz» contre des blogueurs un peu niais, surtout quand le programme du PS n’aborde pas la question de l’euro et que la dame aspire pompeusement à un changement de civilisation !

Martine Aubry sait bien que Lionel Jospin, rendu illégitime en raison des ses multiples trahisons envers la gauche et la République, a été battu à deux reprises (et de quelle manière en 2002 !). Lionel Jospin était moralement frappé d’inéligibilité présidentielle en raison de son “péché originel”, l’affaire du voile de Creil en 1989 alors qu’il était ministre de l’Education nationale, affaire qui fut le Munich de l’école républicaine. L’histoire retiendra le très beau texte signé par Régis Debray, Alain Finkielkraut, Elisabeth Badinter, Elisabeth de Fontenay et Catherine Kintzler dans le Nouvelle Obs, qui appelait les enseignants à la résistance et qui reprochait à Lionel Jospin d’avoir montré à ces filles qu’il n’y avait pas de différence entre l’école de la République et la maison de leur père. Ni 1995, ni 2002 ne pouvaient être gagnés par la gauche avec un tel champion. La parenthèse 1997-2002 fut accablante, tentative d’extraire la Corse de la République (cause de la 3e démission de Jean-Pierre Chevènement) et accélération du processus de privatisation des services publics de l’électricité et du gaz, de la poste et des transports acceptée en 2000 à Lisbonne et en 2002 à Barcelone. La récente réforme des retraites a également été actée à cette occasion. On peut se rappeler aussi, lors du «jihad» aérien otanesque contre nos amis Serbes en 1999, d’un Lionel Jospin enfilant avec Jacques Chirac les habits de janissaire.

Martine Aubry est tout autant moralement frappée d’inéligibilité présidentielle. Elle ne renie rien de l’œuvre de son père qui déclarait en 1999 : «L'Europe est une construction à allure technocratique et progressant sous l'égide d'une sorte de despotisme doux et éclairé». On ne peut pas trouver meilleure confirmation de la formidable clairvoyance politique de Pierre Mendès France qui déclarait 42 ans plus tôt à l’Assemblée : «Le projet du marché commun tel qu’il nous est présenté est basé sur le libéralisme classique du XXe siècle selon lequel la concurrence pure et simple règle tous les problèmes. L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique , car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot, nationale et internationale.»

Martine Aubry osait déclarer en 1992 à Béthune : "C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion.» Quand Martine Aubry juge que la nomination de Christine Lagarde à la direction FMI est une bonne nouvelle, elle ne fait que confirmer son allégeance à la «gouvernance» mondiale et au plan d’austérité Sarkozy-Merkel.

Les deux dames Aubry-Lagarde ont également en commun des victoires significatives contre la laïcité et la République. L’une est l’artisan de l’introduction de la charia dans notre économie par le biais de la finance islamique qu’elle a imposée par des aménagements réglementaires l’été dernier malgré la modification du Code civil retoquée par le Conseil constitutionnel. Ce dernier avait statué non pas sur le fond - introduction du droit islamique dans le droit positif français - mais sur la forme : la modification était incluse et noyée habilement dans une loi sur les PME sans aucun rapport avec la question. L’autre dame, Martine Aubry, est un artisan de l’introduction de la charia dans la gestion locale. Oui il y avait bien application de la charia dans des équipements collectifs de Lille, une piscine en l’occurrence dont certains créneaux horaires étaient réservés aux mahométanes avec personnel exclusivement féminin et hublots occultés. L’application de la charia en régie municipale était sous-traitée au centre social Lazare-Garreau et l’opération financée par l’Etat via un Contrat urbain de cohésion social ! On pouvait lire ces précisions sous la plume de Sébastien Bergès dans la Voix du Nord le 22 janvier 2009 (1). Ce régime a duré six-sept ou huit ans. Au 1er janvier 2009 changement très discret de scénario pour pouvoir affirmer tout en restant flou sur la date du changement, «non ce n’est pas réservé qu’aux mahométanes mais à toutes les femmes». Les hublots ne seraient plus occultés et le personnel ne serait plus exclusivement féminin. Et cette fois-ci pas de sous-traitance, la charia est intégrée dans le programme «Sport-femmes-familles» de la ville. «Fini la connotation femmes voilées, c’est destiné à toutes les mères». Et voilà la charia étendue en option aux non mahométanes !

Oui, de la même manière que Lionel Jospin fut à deux reprises une chance pour Jacques Chirac, Martine Aubry est une chance pour Nicolas Sarkozy, non pas que ce dernier soit meilleur que la dame sur les questions abordées plus haut mais le peuple ne peut décemment pardonner à la gauche les turpitudes qui sont par nature celles de la droite.

Que penser des deux autres présidentiables du Parti socialiste ? DSK le Masque de fer (2) demeure englué entre New-York et Washington. François Hollande était déjà la chance de Nicolas Sarkozy en 2007. Les sondeurs unanimes affirment que l’élection présidentielle a basculé un jour de janvier 2007 après la déclaration de François Hollande sur la fiscalité des classes moyennes : refus de prendre en considération l’inflation de l’immobilier pour réviser le seuil de l’assiette de l’ISF et surimposition des revenus supérieurs à 4000€ par mois et sans préciser si c’était par personne ou par foyer fiscal. Cette faute a fait dire à Arnaud Montebourg : “Ségolène Royal n’a qu’un seul défaut c’est son compagnon”. Cette petite phrase assassine lui a valu d’être suspendu un mois de ses fonctions de porte-parole de la campagne de Ségolène.

DSK, Aubry, Hollande, des «bébés Jospin-Delors» pour reprendre une expression récente de Jean-Pierre Chevènement. Et si au lieu de contribuer une nouvelle fois à la victoire de la droite et de Nicolas Sarkozy vous vous effaciez pour laisser la place à votre reproche vivant, à votre conscience morale en exil qu’est Jean-Pierre Chevènement ? Vous rendriez service à la fois à la gauche et à la nation et cela participera peut être à vous éviter le jour de la libération une condamnation pour indignité nationale. Je rêve d’un second tour des élections présidentielles qui opposerait un Jean-Pierre Chevènement qui aurait fait son aggiornamento sur les questions de l’islam de l’immigration et de la Turquie à une Marine Le Pen qui oserait une critique de l’islam et non pas seulement de l’immigration. Quel que soit le résultat, la France et avec elle le monde ne pourraient qu’en sortir grandis.

Pascal Olivier (Publié le 8 août 2011 dans Riposte laïque)

(1) http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lille/actualite/Secteur_Lille/2009/01/22/article_la-mairie-tourne-la-page-des-horaires-de.shtml

(2) http://ripostelaique.com/dominique-strauss-kahn-sacrifie-sur-lautel-de-la-tyrannie-islamique.html

DʼEmile Henry à Anders Behring Breivik, splendeur et misère de la propagande par le fait.

De quoi l’action d’ Anders Behring Breivik est le symptôme ? Il semble qu’il n’y ait pas grand monde parmi ce qui nous tient encore d’élite pour poser sereinement la question. Je ne vois pas poindre un Georges Clemenceau ou un Maurice Barrès. L’un classé à l’extrême gauche, l’autre à l’extrême droite, tous les deux fort éloignés de l’idéal anarchiste, s’étaient pourtant émus du sort d’Emile Henry. Au delà de la compassion pour le sort du jeune homme, fils d’un communard condamné à mort, son acte interrogeait le temps. «Il n’y a pas d’innocents» avait-il répondu lors de son procès. Je ne vois pas poindre non plus un Jean Jaurès, pas plus anarchiste que les deux précédents mais opposé à la répression du mouvement ouvrier et aux «lois scélérates» promulguées à la suite de l’attentat d’Auguste Vaillant.

Quel est le socialiste qui aujourd’hui aurait le courage et la droiture comme le fit Jaurès à la Chambre de défendre contre la censure Le Père Peinard pourtant «consacré presque tout entier à injurier les députés socialistes» ? Il existe en revanche des partisans des «lois scélérates» qui aimeraient faire taire Riposte laïque. Il y a l’inénarrable Joffrin-Mouchard, mais aussi la LDH qui intente un procès à RL. Qui était le rapporteur devant le Sénat des  «lois scélérates» de 1894 limitant la liberté de la presse ? Ludovic Trarieux, fondateur et premier président de la LDH. Les chiens ne font pas des chats !

Il y a bien à gauche un Jean-Pierre Chevènement dont la filiation avec Clemenceau et Jaurès est patente. Il témoigna (1) en janvier dernier en faveur de notre ami Eric Zemmour. Ce dernier qui le tient en haute estime pense, probablement à raison, qu’il a manqué son rendez-vous avec l’histoire en 2002 par son positionnement sur l’immigration. Bien qu’opposé au «sanspapièrisme» et favorable à un contrôle des migrations, il est néanmoins partisan d’une certaine fluidification de celles-ci dans le cadre concerté d’un codéveloppement. Il refusa en 2002 le moratoire sur l’immigration que demandaient ses partisans de l’autre rive. Et que dire de son islamophilie inspirée par son ami et mauvais génie Jacques Berque dont le rêve peut se résumer à œuvrer à des «Andalousies toujours recommencées ». Funeste programme ! Quel malheur que le meilleur d’entre nous soit entravé de la sorte !

En cette fin du XIXe siècle la Question d’Orient bat son plein. C’est à gauche, paradoxalement parmi les anticléricaux, que la tradition française de protection des chrétiens d’Orient s’exprime le mieux. Clemenceau et Jaurès s’enflamment pour le sort des Arméniens. Il y eut également cette célèbre formule attribuée à Léon Gambetta : «l’anticléricalisme n’est pas un article d’exportation». La droite comme à l’accoutumée se contente plus de rhétorique et peut clamer comme Barrès (lui est sincère) «Mon cœur ne met rien au dessus d’Antioche». Cela n’empêche pas cette droite sans foi ni loi de trahir par affairisme ou par égoïsme identitaire quand ce n’est pas par philexotisme ou par fascination pour la puissance, fût-elle celle de l’ennemi.

Aujourd’hui il se trouve dans le sillage d’Adolphe Thiers un Bernard Lugan pour reprocher à la gauche son messianisme d’antan. Qu’il soit rassuré, cette gauche patriote, progressiste et universaliste n’existe plus qu’à l’état de trace. C’est pourquoi il n’y a plus de réel débat politique. La droite a en face d’elle une fausse gauche qui fait des efforts désespérés pour se distinguer de la droite par une surenchère sur des positions sociétales (diversité, mariage homo, vote des étrangers etc...). Mais même sur ces questions la différence devient ténue.

Comment s’étonner dans ces conditions que l’on ait du mal ne serait-ce qu’à nommer les choses ? Il ressort des écrits d’ Anders Behring Breivik les habituelles confusions habilement orchestrées par nos ennemis, mais aussi parfois reproduites maladroitement et innocemment, y compris dans les rangs de la résistance parmi nos camarades et compagnons :

1- Les travaillistes et autres partis de gauche en Europe ne sont pas moins innocents des malheurs de la Norvège et du malheur du monde que d’autres partis classés à droite.

2 - Quelle idée d’aller raviver l’esprit des croisades ! Notre ami Radu Stoenescu a raison, les croisades étaient des réponses mimétiques au jihad mahométan (2). A cette époque le massif des Maures en Provence était libérée depuis peu et l’Espagne toujours occupée ! Les croisades ont fait plus de mal à nos frères orthodoxes qu’aux mahométans, ne libérèrent pas les contrées soumises au joug islamique et précipitèrent la chute de Byzance. Il fallut en outre attendre encore près de 4 siècles pour que l’Espagne soit totalement libérée ! Pas de trace en revanche dans les thèses d’ Anders Behring Breivik de notre réelle réussite contre l’obscurantisme islamique, celle que j'évoquais dans mon adresse à André Gerin et à Marine Le Pen (3) : «Le souffle de notre révolution, le cri de Valmy et il faut bien le dire 74 ans d'exportation du socialisme par la Russie avaient déstabilisé l'islam comme nous n'avions jamais réussi à le faire de toute notre histoire, même durant les croisades. Nous avions mis fin aux razzias et aux prises d'esclaves sur les côtes européennes, nous avions indirectement contribué à l'abolition du califat et plus directement à la création d'Etats-nations qui sont de véritables hérésies pour l'islam.» Les Balkans libérés de l'Empire ottoman, après 4 à 5 siècles de domination, cela n'avait  même pas été envisagé après la bataille de Lépante en 1571, victoire qui avait pourtant permis de mettre fin aux velléités de domination turque sur le bassin occidental de la Méditerranée. Malgré cela razzias et esclaves européens capturés en Europe (déjà jusqu’à même Oslo !) perdurèrent jusqu’en 1830. Jusque là on se contentait de l'action des Trinitaires et des Mercédaires, de leurs collectes pour racheter nos captifs, et parfois de bombardements par nos rois de la Tripolitaine ou d'Alger en représailles.

3 - Que dire de ces notions de «barbarie», de «guerre de civilisation» et de «guerre civile» ? Comment un Anders Behring Breivik ne pourrait ne pas se tromper quand même quelqu’un d’aussi avisé que le très grand Richard Millet (4), que je tiens en estime, utilise des notions en partie impropres ? S’il a raison de dire que ne peut être français quelqu’un qui continue à s’appeler Mohamed au bout de la troisième génération, rajouter qu’il s’agit d’un acte de «barbarie» ou de «guerre civile» est plus contestable.

- J'aimerais bien que nous ayons à faire seulement à des barbares. Si c'était le cas, cela se terminerait par un baptême à Reims, ou par quelque chose d'équivalent en plus moderne et républicain bien sûr, mais non moins chargé en signification et en symbole. L’islam bien que société de castes avortées, n’en demeure pas moins une société de castes qui instaure une hiérarchie entre mahométans et non-mahométans. C’est une formidable machine de guerre pour phagocyter des civilisations très supérieures à elle sans en assimiler l’âme ou l’essence. La hiérarchie inversée est certes le propre de la barbarie, mais elle ne dure qu’un temps. Avec les barbares il y a transmission, pas avec l’islam. C’est en quoi Nicole Caligaris fait un très mauvais procès à Richard Millet en lui reprochant de ne pas penser transmission (5). Continuer à s’appeler Mohamed au bout de la troisième génération est quelque chose entre une sédition et une conquête, c’est probablement ce qu’a voulu dire Richard Millet ; dans ce cas je ne peux qu’être d’accord avec lui. La grande civilisation perse s’est éteinte phagocytée lentement mais sûrement par l’islam, une partie importante du Mare Nostrum également. Aujourd’hui que les chrétiens d’Orient ne sont plus que des «Indiens d’Amérique» non protégés qu’il faudra bientôt mettre dans des réserves, que les juifs du monde arabe ne sont plus, que le monde musulman est retourné à l’obscurité, il faut éviter que ce ne soit bientôt nous, les Européens, qui remplissions le rôle jadis dévolu aux chrétiens d’Orient. Sortir de l’histoire et se laisser phagocyter avec le secret espoir que cela rendra meilleur son prochain est peine perdue. C’est méconnaître à la fois l’histoire et l’islam.

- Ce n’est pas non plus tout à fait une «guerre de civilisation». Nous sommes dans une politique d'Empire qui "intègre" le monde musulman. Le christianisme, formidable adaptation du judaïsme à Rome et à Athènes, a été rendu nécessaire par une politique d'Empire. Les philosophes de l'école d'Alexandrie, notamment, en firent les frais, ceci avec un texte aussi doux que l'Evangile. Je n'ose imaginer ce qui nous attend avec un texte aussi monstrueux que le Coran ! Il ne faut pas confondre guerre de civilisation et basculement civilisationnel. L'islam profondément inégalitaire et coercitif sied au monde post-démocratique que l'on nous prépare. Un Empire peut être démocratique en son centre, presque jamais à sa périphérie. S'il y a démocratie à Washington et à New-York on ne peut pas en dire autant de Bagdad. Nous nous situons géographiquement entre-deux, ce qui donne une bonne indication, une échelle, du degré de démocratie et de liberté de nos contrées. Français, Néerlandais et Irlandais savent ce que valent aujourd’hui leurs «souveraines» décisions ! Les ingérences inamicales de l’Ambassade des Etats-Unis en France ainsi que celle du département d’Etat dans notre Question islamique et les remontrances d’Obama dans le discours du Caire sur la question du voile à l’adresse des vassaux européens, sont éloquentes.

- Que penser de cette notion de «guerre civile» ? Quand des centaines de mahométans affrontent à Oslo la police le soir de Noël en vociférant le «takbir» (6) et que la police norvégienne pointe dans un rapport (7) que tous les viols élucidés l’an dernier dans la capitale sont le fait d’homme «d’origine non-occidentale», que c’est le cas depuis cinq ans, qu’une des victimes témoigne que son agresseur a pris le temps de lui expliquer que sa religion l’autorisait à commettre son acte, que les imams norvégiens justifient ces viols comme l’avait déjà fait le mufti d’Australie. S’agit-il de guerre civile ou d’application de la charia ? Je crains qu'une nouvelle fois nous soyons piégés par la sémantique de l'ennemi, ennemi qui a tout intérêt à faire croire à une guerre civile. On essaiera à coup sûr de faire prendre une guerre de libération pour une guerre civile. Bien qu’un tel affrontement puisse être aussi cruel qu'une guerre de défédération, les expressions guerre de libération, d'émancipation de décolonisation ou de reconquête conviennent beaucoup mieux. La présence de collabos auprès de nos ennemis ne suffit pas à en faire une guerre civile à part entière. Le jour où le peuple se soulèvera pour rejeter la charia, aujourd’hui introduite par légères touches successives, régulières et constantes, de quel côté se trouveront les 57 Etats de l’OCI et l’Oncle Sam ?

Régis Debray, en 2003, dans sa contribution épistolaire à la commission Stasi, Ce que nous voile le voile - La République et le sacré, avait écrit : “Même si on ne prévoit pas de guerres ethniques et religieuses en Europe avant 2030 (les conflits dit de défédération étant les plus cruels), il y a, dans l’immédiat du pain sur la planche ; le découper de travers ferait un mauvais début”. Même si au train où vont les choses l’appel de 2030 sera devancé, ne pas découper le pain de travers voilà pour l'heure notre mission. Déjouer les pièges sémantiques et conceptuels de nos ennemis en fait partie. Anders Behring Breivik n’a fait que rajouter à la confusion. La critique de l’islam, du Coran et de Mahomet est plus que jamais nécessaire à nous comme aux musulmans pour nous libérer ensemble.

Pascal Olivier (Article publié le 8 août 2001 dans Riposte Laïque)

(1) http://www.chevenement.fr/La-lettre-de-Jean-Pierre-Chevenement-dans-le-proces-d-Eric-Zemmour_a1054.html

(2) http://ripostelaique.com/le-tueur-norvegien-un-jihadiste-anti-jihadiste.html

(3) http://blog.pascalolivier.fr/post/2011/07/18/Bravo-Andre-Gerin-et-Marine-Le-Pen%2C-mais-encore-quelques-efforts-camarades-%213

(4) Fatigue du sens de Richard Millet. Ed. Pierre-Guillaume de Roux 2011.

(5) http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/06/29/de-la-faible-vue-de-richard-millet-sur-la-peau-des-francais_1541844_3232.html

(6) http://fr.wikipedia.org/wiki/Allah_akbar

(7) http://rutube.ru/tracks/4493722.html?v=a8865f4141cb98dedbcbbbb00c02bc6c&autoStart=true&bmstart=1000

lundi 18 juillet 2011

Bravo André Gerin et Marine Le Pen, mais encore quelques efforts camarades !

André Gerin a eu le courage, lors de la conférence de presse donnée à la suite de la désignation de Jean-Luc Mélenchon comme candidat du PCF, de dire certaines vérités interdites.

http://www.blogandregerin.fr/2011_0...

La sanction est immédiatement tombée. SOS racisme, officine subventionnée, prétendument anti-raciste, commissaire politique ayant pour fonction de saper les fondements de notre nation en torpillant l'égalité au profit de la diversité et qui bénéficie d'une ignominieuse privatisation du Ministère public par des droits à ester en justice, a demandé au nom de je ne sais quel droit d’ingérence l’exclusion d’André Gerin du PCF.

André Gerin ne soutiendra pas Jean-Luc Mélenchon, bravo ! Que le mondialiste et européiste Jean-Luc Mélenchon ait choisi l’islam contre la République nous le savions (1). Qu’il regrette que nous ayons mis un arrêt en France aux invasions islamiques au VIIIe siècle nous le savions aussi (2). Il n’y a donc pas à être étonné par son soutien à l’expédition en Libye à l’instar d’un Bernard-Henri Lévy toujours présent dans les mauvais coups où il s'agit d'installer des satrapies islamiques. Après l'Afghanistan et les Balkans notre «Socrate» en pince pour un futur Emirat islamique de Cyrénaïque, non pas pour y ressusciter l’hédonisme professé par l’école fondée par Aristippe de Cyrène, n’est pas Michel Onfray qui veut, mais pour continuer à faire de l’islam le fer de lance religieux de l’Empire. Les Américains sont présents en Irak, que font-ils pour les chrétiens chassés de ce berceau de la chrétienté ? Rien. Que font-ils pour les chrétiens martyrs du Kossovo ? Rien, il s’y trouve pourtant la plus grosse base américaine construite depuis la guerre du Vietnam ! A quand une intervention pour voler au secours des coptes ? Ce n’est pas prévu, on préfère soutenir le Conseil national de transition à forte majorité islamiste en Libye, établir de cordiales relations avec les Frères musulmans en Egypte et déstabiliser la Syrie dont on sait pourtant que la seule opposition sérieuse est celle des Frères musulmans !

Cher André Gerin, vous dites :

«Nicolas Sarkozy et l’UMP surfent sur ces réalités. Ils préfèrent favoriser la lutte ethnico-religieuse que la lutte des classes d’un même combat français et immigrés.»

Mais non, ils préfèrent tout simplement l’islam parce qu’il n’y a rien de plus droitier, de plus inégalitaire et de plus gauchicide que l’islam. Réécoutez le discours-prière du «chanoine de Riyad» psalmodié dans la capitale du fanatisme, quelque chose entre une reddition et une conversion à un improbable syncrétisme à dominante islamique !

AG : «Nous tendons la main à l’immense majorité des français de confession musulmane pour une reconnaissance d’un Islam spirituel respectueux des principes de la République et de la laïcité.»

D’accord pour leur tendre la main, mais l’islam que vous appelez de vos vœux n’est pas l’islam. Mieux vaut le dire pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté.

AG : «Développer des accords et des aides massives avec les pays arabes devient urgent pour des politiques de coopération de co-développement afin de favoriser leur combat à la suite de la révolution du Jasmin. Il est temps de sortir des rapports de domination pour considérer ces peuples comme des peuples adultes.»

N’avez-vous pas remarqué que seuls les «révolutions» des pays arabes les moins islamisés ont notre faveur ? C’est un peu comme Bush père s’en prenant à l’un des pays arabes les plus sécularisés, l’Irak. Et que faire avec la pauvreté savamment entretenue par les richissimes élites du monde islamique ? Que faire avec les pétro-dollars recyclés dans le jihad et la construction de mosquées un peu partout à la surface du globe plutôt que dans le développement ? En vérité il s’agit de favoriser un mouvement de colonisation vers le dar al harb tout en finançant les complexes et les institutions qui permettent à ces colons un développement séparé. C'est après le premier choc pétrolier que l'immigration de travail est remplacée par l'immigration de peuplement, choc pétrolier dont le prétexte fut la guerre israélo-arabe, mais la véritable raison les effets de l'effondrement du dollar qui a suivi son détachement de toute référence à l'or et son flottement au début des années 1970. Le prix du pétrole quadrupla en trois mois ! Voici un extrait d’un discours de de Gaulle qui n’a pas pris une ride en 46 ans et sa prophétie d’une crise majeure réalisée. http://www.youtube.com/watch?v=YoFJB6LDdHI

Nous sommes depuis lors, et plus que jamais, confrontés, d'une part à la position seigneuriale des Etats-Unis qui veulent continuer à vivre au dessus de leurs moyens en payant en monnaie de singe (dollar) tout en s’opposant à l’émergence d’autres monnaies de réserve, et d'autre part à la volonté hégémonique du richissime monde musulman. La pauvreté savamment entretenue favorise une contre-colonisation du continent européen qui se retrouve en position de payer la jizya par le biais de son système social et de pratiquer contraint et forcé un "dialogue des civilisations" à sens unique, quelque chose qui ressemble, mais en beaucoup plus fort et en inversé, aux Capitulations de jadis. Nous ne sommes plus maîtres des flux migratoires. L'immigration légale est principalement liée à des droits, postérieurs au premier choc pétrolier, entre autres le rapprochement familial. L'immigration légale de travail est marginale. Le gros des clandestins correspond à une entrée légale dans le territoire par le visa touristique. La masse des visas touristiques se négocie souvent en même temps que les accords énergétiques. L'Algérie exige de l'Europe une fluidification des migrations .

Vous comprendrez bien, cher André Gerin, que notre vaillante laïcité ne pourra pas continuer à se dépatouiller contre tout cela sans que les notions d’émancipation, d’autodétermination, de résistance, de lutte de libération, de décolonisation ne viennent lui prêter main forte.

Et vous chère Marine Le Pen.

Aujourd’hui vous vous sentez proche d’un Jean-Pierre Chevènement (3). Que de chemin parcouru en moins de 30 ans ! On se souvient en 1984 d’un FN reaganien, libre-échangiste, anti-étatique et sans beaucoup de sympathie pour la «gueuse» et sa laïcité. C’était peu après la démission du très constant Jean-Pierre Chevènement en 1983 favorable à la sortie du SME (ancêtre de l’euro) et opposé au tournant libéral insufflé par un vent mauvais venu d’outre-Manche et d’outre-Atlantique. «La parenthèse libérale» avait dit Lionel Jospin, parenthèse jamais refermée depuis.

En 1984 le «coup de génie» de François Mitterrand consista à faire introniser votre père par l'émission L'heure de vérité en faisant le nécessaire auprès de François-Henri de Virieux. Quadruple avantage, tétaniser la droite qui ne pouvait passer alliance avec un parti diabolisé, mobiliser la gauche sur la voie de garage qu'est l'anti-fascisme (un os à ronger, une raison d'exister et de se sentir de gauche, du «théâtre» dixit Lionel Jospin) et pendant ce temps faire passer en toute impunité et tranquillité le train monstrueux de la mondialisation libérale - «L’anti-fascisme sans fascisme au service du grand capital» dira Alain Soral dans une de ses formules lapidaires dont il a le secret - et par dessus tout rendre inaudible toute expression patriotique et plus tard anti-libérale et critique sur la construction européenne parce que définitivement caricaturée par Jean-Marie Le Pen.

Alors bravo pour cette inespérée rédemption ! Bravo de distordre votre héritage pour l’adapter au siècle et au nécessaire sursaut patriotique. Vous avez compris que notre nation, la France, s’incarne dans la République. Peut-être avez-vous également compris avec le scénario à l’italienne qu’une alliance entre la droite dite populiste et la droite classique débouche immanquablement sur une politique européiste, libre-échangiste et otanesque.

Emmanuel Todd déplore que votre programme économique risque d’être le seul réaliste ! Il a probablement oublié que Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan étaient candidats. Jacques Sapir vous cherche noise, mais c’est parce que votre programme économique ressemble, certes en beaucoup plus vulgarisé, à celui qu’il préconise. Jean-Pierre Chevènement crie au hold-up bien que son programme prévoie sagement une phase de négociation pour convaincre l’Allemagne avant un plan B qui est à peu de choses près votre plan A.

«Et sans doute notre temps préfère l’image à la chose, la copie à l’original...»(4). Si c’était vrai au XIXe et au XXe siècle du temps de «l’immense»(5) Feuerbach et du «lilliputien»(5) Guy Debord, c’est à dire du temps de l’analogique, quand les copies n’étaient que trahison de l’original, qu’en serait-il aujourd’hui à l’heure où le numérique fait que la copie sauvegarde, régénère, transcende l’original !

La droite était passée maître dans l’art de s’approprier par la rhétorique les thèmes de la gauche laissés en déshérence et ainsi de remporter les élections nationales : fracture sociale en 1995, sécurité en 2002, nation en 2007. Mais voilà que vous ne vous contentez pas comme la droite de rhétorique, vous faites valoir une prescription acquisitive sur les valeurs de la gauche. Cela fait drôle de vous voir laisser sur votre droite Mélenchon et Besancenot !

Mais peu importe : "A aucun d’entre vous je ne demande d’où il vient. L’essentiel est la direction dans laquelle nous voulons aller ensemble." Extrait du discours de Vincennes de Jean-Pierre Chevènement du 9 septembre 2001. Discours toujours d’actualité a rappelé très récemment Paul-Marie Coûteaux qui avait soutenu JPC en 2002 et qui avait prophétiquement annoncé l’inévitable rassemblement des patriotes dans une vidéo aujourd’hui censurée : http://www.youtube.com/watch?v=fwwq... Nécessité faisant loi ce rassemblement se fera «tôt ou tard» avait-il précisé. A moins que d’ici là Jean-Pierre Chevènement accomplisse miraculeusement son destin en réussissant à faire que la gauche se souvienne de son baptême en recouvrant la charge morale de la nation dont elle est historiquement la dépositaire. Tel est également mon espoir, volontariste, parce que je sais qu’il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d’une aiguille que pour la fausse gauche de retrouver le chemin de la République. Le cri du cœur de Michel Rocard à l'université d'été du Medef en dit plus qu’un long discours : «Les souverainetés nationales ont dépassé leur stade d'efficacité, elles entrent dans la période de la nuisance http://www.dailymotion.com/video/xe...

Bravo d’avoir affirmé dans l’entretien (6) recueilli par Christine Tasin et Pierre Cassen que «le voile n’a pas sa place dans la sphère publique en France». Parmi les présidentiables vous êtes la seule. Je me souviens de la déception de Christine Tasin après un entretien avec Nicolas Dupont-Aignan qui disait la même chose mais uniquement pour le voile intégral. Mais vous avez précisé «en France», à mon tour d’être inquiet. Mon aversion pour votre parti était motivée, entre autres, par son manque d’universalisme. Je me souviens de votre père, de Bruno Gollnisch et de vous-même opposés, comme malheureusement une bonne partie de la gauche, à la loi sur la laïcité de mars 2004. Vous trouviez rien à redire au voile, parfaitement respectable «en terre d’islam», mais pas chez nous parce que n’étant pas dans notre tradition. Le 10 septembre dernier sur France 2 au cours de l’émission «Semaine critique» je vous ai entendu dire quelque chose de ressemblant. On pourrait pousser plus loin le raisonnement : la répudiation, la polygamie et la lapidation sont respectables, mais pas en France !

Orient-Occident même combat, il n'y a pas de "terres d'islam" mais des terres et des peuples meurtris par l'islam. Il faut arrêter d’offrir à l’ennemi des victoires en légitimant sa sémantique. Ce terme qui interdit toute réversibilité de la catastrophe ne doit pas faire plaisir aux laïques et progressistes, aux coptes et aux chaldéens. Au nom de quoi la charia serait acceptable sur l'autre rive du Mare Nostrum ? Les résistants et résistantes, les combattants et combattantes de la liberté mêmes sous le joug depuis 14 siècles sont nos sœurs et nos frères. Entre un paysan sous son olivier en Provence, en Calabre, dans le Péloponnèse ou en Kabylie, il n'y a guère de différence sinon que pour ce dernier on peut déplorer qu'il vive sous un joug politico-religieux (l'islam) qui est une insulte à sa civilisation, celle de l'olivier. Quel bonheur ce serait qu’à Tunis les enfants de Didon, d'Hannibal et de Tertullien et qu’au Caire comme à Alexandrie les enfants de Pharaon, des Ptolémée et d'Athanase décident d'en finir avec le carcan islamique !

Le souffle de notre révolution, le cri de Valmy et il faut bien le dire 74 ans d'exportation du socialisme par la Russie avaient déstabilisé l'islam comme nous n'avions jamais réussi à le faire de toute notre histoire, même durant les croisades. Nous avions mis fin aux razzias et aux prises d'esclaves sur les côtes européennes, nous avions indirectement contribué à l'abolition du califat et plus directement à la création d'Etats-nations qui sont de véritables hérésies pour l'islam.

Aujourd'hui la régression est telle, que pour la première fois de notre histoire, les razzias viennent du cœur même de nos cités. L'enjeu est entre l'islam loi à prétention universelle et la vocation universelle de l’héritage des Lumières. Une défense identitaire se solderait tragiquement par la sauvegarde de seulement quelques isolats. Nous n’avons pas le choix, il faut œuvrer pour que les valeurs universelles dont nous sommes porteurs, celles de liberté, d’égalité et de fraternité règnent sur l'ensemble du Mare Nostrum.

Encore bravo chers André Gerin et Marine Le Pen ! Et, pourquoi pas, rendez-vous le 18 mars prochain devant le Mur des Fédérés pour célébrer l’héroïque résistance patriotique de nos aïeux communards ? (7).

Pascal Olivier (Publié le 18 juillet 2011 dans Riposte Laïque)

(1) http://ripostelaique.com/Jean-Luc-M...

(2) http://ripostelaique.com/le-propaga...

(3) http://www.francesoir.fr/actualite/...

(4) Feuerbach : préface à la deuxième édition de «L’Essence du christianisme» (1841), citation en exergue d’un chapitre de «La société du spectacle» (1967) de Guy Debord.

(5) Qualificatifs empruntés de mémoire à Régis Debray

(6) http://ripostelaique.com/marine-le-...

(7) http://blog.pascalolivier.fr/post/2...

mercredi 22 juin 2011

Ne pas laisser aux seuls chamanes de Sibérie l’âme de nos communards !

Les chamanes traumatisés par le récit de la Commune de Paris, tragédie de notre histoire abondamment transmise par les soviétiques, s’attellent à placer l’âme des communards au fond du lac Baïkal.

Que fait la «gauche» parisienne ? En 2001 la «gauche» reprend la mairie de Paris après plus d'un siècle d’absence. Quel fut le premier geste symbolique de Bertrand Delanoë ? Se recueillir devant le Mur des Fédérés, débaptiser l’avenue de Versailles pour la transformer en avenue de la Commune de Paris ? Rien de cela, son premier geste dans son discours inaugural fut de mettre sa main sur le cœur «comme on le fait de l’autre côté de la Méditerranée» selon ses propres mots. Son Institut des Cultures d’Islam est un scandale, une insulte à la mémoire de la Commune de Paris qui 34 ans avant la loi de 1905 avait décrété la séparation du temporel et du spirituel. Bertrand Delanoë s’est comporté en dhimmi et a été poignardé en dhimmi par un musulman hostile à la démocratie et aux homosexuels. Qu’on ait considéré l’agresseur déséquilibré ne change rien à l’affaire. Des «rappeurs» mahométans lui reprochent également son orientation sexuelle se conformant ainsi aux prescriptions de leur dieu législateur.

Nous avions le 4 septembre dernier célébré le 140e anniversaire de la troisième République. L’avant veille du 4 septembre, le 2 septembre 1870, est un jour triste et sans gloire. Pour la première fois la France est vaincue par un seul pays, là où il fallait auparavant l’Europe coalisée. Le peuple qui ne s’accommode guère des défaites reprend son destin en main en proclamant la République le 4 septembre 1870. Si Napoléon III ne s’était pas laissé embarquer par les britanniques dans cette honteuse guerre de Crimée, la Russie aurait rendu à l’Europe l’une de ses plus glorieuses capitales, Constantinople, la Russie nous aurait prêté main forte contre les Prussiens en 1870 et nous aurions probablement évité les deux affreuses guerres du XXe siècle. Le Mitterrand de 1990 (guerre du Golfe), Chirac (Bosnie et Kossovo), Jospin ( kossovo) et Sarkozy n'ont rien inventé en participant à des guerres qui ne sont pas les nôtres, contraires à nos intérêts et favorables à l'islam ainsi qu’aux thalassocraties anglo-saxones, jadis l’Angleterre, aujourd’hui les Etats-Unis. La guerre de Crimée en est la préfiguration.

La Commune de Paris est la suite patriotique du 4 septembre 1870. Le peuple ne s'accommode pas des défaites parce qu’il sait pertinemment qu’il paiera le plus lourd tribut aux armistices et redditions comme c’est le cas aujourd’hui dans les territoires perdus de la République. Les monarchistes des provinces, majoritaires à l’Assemblée nationale, sont favorables à l’armistice comme notre oligarchie est aujourd’hui favorable à l’islam. Le 18 janvier 1871 est proclamé l'Empire allemand dans la galerie des Glaces du château de Versailles. La Commune de Paris commence le 18 mars 1871 quand le peuple et la Garde nationale reprennent possession de leurs canons. Elle se termine le 28 mai 1871, dernier jour de la semaine sanglante.

Aujourd’hui 18 juin, 71e anniversaire de l’appel du Général de Gaulle mais aussi 140e anniversaire de la répression de la Commune de Paris, ayons une pensée pour nos communards. Nous chanterons Le temps des cerises et Christine Tasin ne les oubliera pas dans son discours.

Pascal Olivier (Publié le 18 juin 2011 dans Riposte laïque)

Il n’y aura pas de loi pour réprimer la négation du génocide des Arméniens, c’est normal ils sont chrétiens !

Le 4 mai dernier le Sénat a opposé l’exception d’irrecevabilité à la proposition de loi votée par l’Assemblée nationale en 2006, loi réprimant la négation du génocide des Arméniens.

Contester la réalité de la Shoah, c’est à dire l’extermination des deux tiers des juifs d’Europe, est un délit, contester le génocide des Arméniens par les Turcs, c’est à dire l’extermination des deux tiers des Arméniens de l’Empire ottoman est licite.

Les négationnistes de la Shoah ont raison sur un point et seulement sur celui-là : la répression des crimes contre l’humanité et des génocides est une affaire de vainqueurs qui punissent des vaincus. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie en est un exemple.

La Turquie bien que dans le camp des puissances centrales n’a pas subi le sort de son allié austro-hongrois en raison de la victoire des kémalistes contre les alliés et cela malgré l’épuration ethno-confessionnelle de l’Anatolie par le génocide des Arméniens, les massacres et les évictions des Grecs, des Syriaques, des Nestoriens et des Assyro-chaldéens. Cette liquidation de deux millénaires de christianisme dans ce berceau du christianisme constitue l’acte de naissance de la Turquie moderne.

La Turquie érige des mausolées aux génocideurs et les célèbre. N’ayant pas fait amende honorable, contrairement à l’Allemagne, elle persiste dans l’infamie : La partie Nord de Chypre est soumise depuis 1974 au joug impérial turc par une occupation militaire, une colonisation anatolienne et une épuration ethno-confessionnelle y compris du patrimoine architectural et artistique, l’Arménie après avoir échappé de peu à une invasion turque subit un blocus depuis 18 ans, les incursions turques dans le Nord de l’Irak sont fréquentes, la Grèce subit un continuel harcèlement de l’armée turque provoquant de nombreux engagements.

Donner des gages à la Turquie, non seulement n’est pas une garantie de paix, mais c’est plutôt risqué. Début 1996, le protocole d’Ankara qui supprime les barrières douanières entre l’Union européenne et la Turquie - ce qui correspond à l’entrée dans l’ancienne CEE et qui remplit la promesse faite à la Turquie - entre en vigueur. Immédiatement la Turquie s'autorise à revendiquer mille puis trois mille îles grecques remettant en cause le traité de Lausanne de 1923 et le traité de paix de Paris de 1947 et les Turcs envahissent l’îlot d’Imia, nous échappons de peu à une conflagration. De même le 17 décembre 2004 la Turquie salue à sa manière la décision du Conseil européen d’ouvrir des négociations d’adhésion avec elle, malgré son obstination à ne pas reconnaître Chypre, en survolant la Grèce continentale à basse altitude avec une armada de chasseurs et de bombardiers.

S’il y a donc une négation d’un génocide qu’il serait utile de combattre, ce serait bien celle organisée par l’Etat turc. On préfère s’acharner sur des Faurisson, «ça mange moins de pain» ! Au delà de la question de l’existence même des lois dites «mémorielles», pourquoi la loi Taubira s’interdit-elle d’aborder la question de la traite islamique, pourquoi la négation de tel génocide est-elle réprimée et pas telle autre ?

On peut faire un parallèle avec le maintien de l’ordre dans les territoires perdus de la République où s’opèrent des sécessions qui ne disent pas encore tout à fait leur nom. Nicolas Sarkozy s'en est pris aux Roms pour donner le change parce que les Roms (chrétiens) «ça ne mange pas beaucoup de pain» non plus, cela au moment même où force ne revenait pas à la loi à Grenoble : les policiers de la BAC ont dû être exfiltrés comme de vulgaires intrus en territoire étranger. Quand le maire de Sevran en appelle aux casques bleus et non pas à la police ou à l’armée, il confirme l’extra-territorialité de sa commune. Ni en 2005, ni en 2007 ni en 2010 n’ont été employés les moyens nécessaires pour soumettre à la République les hordes islamisées qui jouissent de facto de places de sûreté. En Egypte lorsque les coptes sont victimes de pogromes, la répression s'abat sur les plus faibles, les coptes. En France quand la puissance publique bat en retraite devant une zone islamisée et voyoucratisée on botte en touche en s'attaquant à beaucoup plus faible. La prudence du CFCM sur la question des Roms est révélatrice.

Dans un entretien (1) recueilli par Régis Debray, Le génocide, l’incontestable et les valeurs, Pierre Vidal-Naquet raconte : « il y a eu un jugement du tribunal Russel accusant les États-Unis de génocide à l’égard des Vietnamiens. J’ai téléphoné à Laurent Schwartz, un des juges de ce tribunal, pour le supplier de ne pas admettre ça. Il n’a pas suivi mon conseil. Une fois ce jugement rendu, les Arméniens se sont aperçus qu’on ne les mentionnait pas dans l’historique qu’avait fait Sartre de la pratique du génocide. Pourquoi? Il y avait dans le tribunal un juge turc et un juge pakistanais qui contestaient le génocide en Arménie. Ils ont dit qu’ils ne signeraient pas ce document si on reconnaissait le génocide arménien. Ces juges, disait Sartre, étaient très sympathiques. J’ai trouvé ça scandaleux.»

Une levée de boucliers eut lieu lors de la discussion de la loi réprimant la négation du génocide des Arméniens à l’Assemblée nationale en 2005 et 2006 notamment avec la pétition Liberté pour l’histoire dont Pierre Vidal-Naquet est signataire. Cette contestation, toute légitime qu’elle puisse être, bat son plein comme par hasard au moment où «ça mange», encore une fois, «le moins de pain», c’est à dire non pas à l’occasion de loi Taubira ou de la loi Gayssot.

Maintenant que les principaux négationnistes de la Shoah ne se trouvent pas à la marge d’une folklorique extrême-droite mais parmi les colons qui refusent de partager notre sacré, il y a fort à parier que la répression de la négation de la Shoah tombera en désuétude.

Voici l’enregistrement vidéo de l’audition de la magnifique Anne-Marie Le Pourhiet par la Mission d’information sur les questions mémorielles à l’Assemblée nationale en octobre 2008.

http://www.youtube.com/watch?v=pRGG...

Les républicains que nous sommes ne peuvent que souscrire. Il ne faut aucune atteinte à la liberté d’expression. En outre le parlement n’a pas à produire des «neutrons législatifs», à savoir des dispositions qui ne sont pas des normes, qui ne créent pas d’obligations ni de droits nouveaux mais qui se bornent à reconnaître, à bavarder dira plus loin Anne-Marie Le Pourhiet.

Fort bien, mais on peut déplorer que cette prise de conscience n’advienne que dans les circonstances décrites plus haut. On peut aussi déplorer que la reconnaissance du génocide des Arméniens par la France n’ait pu avoir lieu que par la voie parlementaire. A ce propos lors de l'émission du 3 février dernier, Ce soir ou jamais sur France 3 dans laquelle était invité Jean Raspail, ce dernier fit part de son sentiment d'étonnement à propos de l'échouage, en février 2001, d'un navire rempli de réfugiés kurdes à l'endroit même où il avait écrit Le Camp des Saints en 1972, la plage de Boulouris. Il y a en effet de quoi être étonné de l'échouage, quelques jours après la reconnaissance par la France du génocide des Arméniens, de ce navire parti d'un port turc.

(1) http://www.mediologie.org/collectio...

Pascal Olivier (Article publié dans Riposte laïque le 13 juin 2011)

Dominique Strauss-Kahn sacrifié sur l'autel de la tyrannie islamique ?

L'affaire commencerait-elle seulement à livrer son secret, à s'éclairer enfin ? Je me demandais comment le quasi numéro 2 de l'oligarchie mondiale, le Directeur général du FMI, pouvait être traité avec aussi peu de ménagement, avec encore plus de défiance qu'un vulgaire justiciable américain. La nouvelle féodalité bénéficie en principe de privilèges, sans quoi il ne s'agirait pas d'une féodalité. Le puritanisme légendaire et morbide des américains ne suffisait pas à donner une explication.

http://www.lefigaro.fr/internationa...

La supposée victime est une mahométane, une musulmane dévouée, pratiquante et foulardée d’après les témoignages. Elle n'aurait pas porté plainte, c'est le procureur qui est à l'origine des poursuites qui peuvent coûter 74 ans de prison à DSK. Bien que femme de chambre, donc a priori faible et fragile par son niveau social, elle serait observante du système politico-religieux le plus tyrannique du globe. On a vu des ambassades et des consulats brûler, des assassinats de prêtres, pour une petite citation de Manuel II Paléologue prononcée par le pape lors d'une presque confidentielle conférence à Ratisbonne ou pour quelques insignifiantes caricatures publiées au Danemark. Les Etats-Unis d'Amérique ont fait preuve du plus grand zèle pour éviter que l'on puisse leur reprocher d'avoir couvert un juif figure de proue de la "gouvernance" mondiale qui aurait commis la faute d’abuser d’une pieuse mahométane, fût-elle femme de chambre.

Il ne faut pas désespérer le bon musulman qui se doit d'imiter le "beau modèle", Mahomet. Mahomet est célébré ainsi que ses agissements sacralisés pour avoir, entre autres, violé Safiya la juive, après avoir assassiné son père puis torturé et massacré, devant elle, son mari.

DSK victime collatérale du discours du Caire d'Obama ? C'est plus que probable. Il y a dans ce discours une certaine parenté avec l'édit de Milan de Constantin en 313 qui faisait du christianisme une religion de l'Empire avant qu'il ne devienne plus tard la religion de l'Empire. Constantin se convertit tardivement, sur son lit de mort. En attendant il organise le christianisme, il convoque le premier concile, celui de Nicée en 325. Comment ne pas faire le parallèle avec la liberté de religion consacrée pour les mahométans de l'Empire dans ce catastrophique discours du Caire ? Les remontrances qui y sont prononcées sur la question du voile à l'adresse des vassaux européens sont éloquentes. Et que dire de la révérence qui fait s'incliner Obama, donc les Etats-Unis, devant le roi Abdallah d'Arabie Saoudite ?!

Jean-Pierre Chevènement a osé la comparaison avec l'affaire Dreyfus. Je lui en sais gré. Il a doublement raison. Une première fois quand il dit que l'affaire Dreyfus a commencé en bafouant la présomption d'innocence, une deuxième fois, mais cette fois-ci il ne le dit pas, parce que DSK est juif et qu'aujourd'hui l'antisémitisme le plus virulent est mahométan.

Voici les quelques lignes que m’avait inspirées en son temps la nomination de DSK à la tête du FMI : «Le Parti Socialiste est orphelin, orphelin de son mentor, Dominique Strauss-Kahn, moins agité que notre Président et partageant avec lui le même soutien de l’oligarchie mondialisée. Non dépourvu de talents et occupant la même niche écologique que le locataire de l’Elysée, ce dernier s’est empressé dès son élection de l’écarter de la scène nationale. Il ne ménagea pas ses efforts pour que DSK fût désigné à la direction du F.M.I. Pascal Lamy à l’O.M.C. et DSK au F.M.I. les socialistes français sont à la tête du capitalisme mondial fit remarquer Jean-Pierre Chevènement. Washington est moins bucolique que l’île Sainte-Marguerite mais il n’en demeure pas moins que cet exil doré ressemble fort à un bannissement. Une organisation multilatérale en guise de Masque de fer moderne, c’est l’invention géniale de notre Président !»

Nous sommes passés de la comique rivalité de deux hommes qui sont d’accord sur l’essentiel à une véritable dimension tragique. Je me souviens avoir entendu DSK, à propos de la Turquie et de l’islam, dire qu’on ne pouvait rien contre les lois de la démographie et qu’il valait mieux accompagner le mouvement. En disant cela il ne savait pas qu’il deviendrait lui-même l’un des objets sacrificiels de ce dessein.

Pascal Olivier. (Article publié dans Riposte Laïque le 23 mai 2011)

dimanche 3 avril 2011

Commencer à instruire la question de l’interdiction du culte musulman en France ?

Oui, «l’islam est incompatible avec la République laïque» et «antinomique avec nos valeurs républicaines». Il est grand temps comme l’écrit notre ami Pascal Hilout de renvoyer Mahomet et le Coran au musée, tout près des grands gisants de l’Histoire.

En attendant ce jour salvateur, on pourrait, en même temps que la poursuite de la nécessaire critique de l’islam, répondre aux transgressions islamiques en commençant à instruire la question de l’interdiction du culte musulman en France.

La liberté de conscience, d'expression, de changer de religion, la séparation des Eglises et de l’Etat, l’égalité entre les sexes et bien d’autres choses ont été acceptés «sans restriction» le 28 janvier 2000 par les représentants des principaux courants de l’islam en France, signataires du texte issu la Consultation, consultation initiée par Jean-Pierre Chevènement . Cette adhésion et cette signature sont largement transgressées et trahies aujourd’hui. Voici un extrait de ce texte devenu entre-temps Principes et fondements juridiques régissant les rapports entre les pouvoirs publics et le culte musulman en France :

"Les groupements et associations de musulmans adhérant à l’ensemble des principes juridiques rassemblés dans le présent texte confirment solennellement leur attachement aux principes fondamentaux de la République française et notamment aux articles 10 et 11 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen relatifs à la liberté de pensée et à la liberté de religion, à l’article 1er de la Constitution affirmant le caractère laïque de la République et le respect par celle-ci de toutes les croyances, et enfin aux dispositions de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et de l’Etat.

Ils adhèrent également au principe rappelé par le préambule de la Constitution et défini par l’article 1er de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen selon lequel tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit. C’est pourquoi, toute discrimination fondée sur le sexe, la religion, l’appartenance ethnique, les mœurs, l’état de santé ou le handicap est contraire à ce principe et pénalement répréhensible.

Ces dispositions relatives à la liberté de pensée, de conscience et de religion ont par ailleurs été confirmées par la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950, ratifiée par la France le 31 décembre 1973. Ces dispositions sont également reconnues sans restriction par les groupements et associations adhérant au présent texte."

On ne peut pas dire comme on le lit ici et là, y compris dans Riposte Laïque, que les musulmans jouissent légalement en France d'un statut séparé sur la question de l'apostasie, c'est tout le contraire. Les articles de la Déclaration de 1789 et de la loi de 1905 sont sans aucune ambiguïté et les principaux courants de l’islam y ont adhéré "sans restriction" en signant le texte. Qu’il y ait une ambiguïté d’interprétation possible de l’article 9 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ne change rien à l’affaire.

Il est même dangereux de prétendre, comme le font beaucoup, que les musulmans ont l'interdiction légale d'apostasier en France. Cela ne fait qu'encourager ceux qui l'interdisent de fait dans leur pratique sociale. Il faut au contraire rappeler qu'ils se sont engagés par écrit à respecter la liberté de conscience et l’ensemble de nos valeurs républicaines. C'est à cette condition qu'ils peuvent pratiquer leur culte. L’ampleur de l’offensive et des transgressions islamiques doit nous conduire à relever chaque entorse au texte signé afin d’instruire la question de l'interdiction du culte musulman même s’il n’est toutefois pas exclu de lui donner une dernière chance en faisant réitérer les premiers engagements avec des précisions (des points sur les i) comme avait commencé à le faire (sans succès) Jean-Pierre Chevènement avec la mention sur l'apostasie, ou comme l'avait fait Napoléon avec le grand Sanhédrin en posant une série de questions précises. On pourrait par exemple aborder la question de l’union des musulmanes avec des non musulmans ou demander des condamnations explicites de passages du Coran, de la Sira, etc.

La demande d’un moratoire pour suspendre la loi de 1905 par Dalil Boubakeur, premier signataire du texte issu de la Consultation, en dit long sur la sincérité de sa signature. A propos de cette question de l’insincérité des signataires, Jean-Pierre Chevènement avait jadis répondu, à raison probablement, que son rôle n’était pas de sonder les cœurs et les esprits. Aujourd’hui nous savons. Les collabos qui nous gouvernent le savent également. Comme on ne peut pas compter sur eux pour instruire ce dossier, il incombe, en attendant des jours meilleurs, aux instances de la résistance de commencer à s’atteler à cette tâche.

Pascal Olivier
(Publié le 1er avril 2011 dans Riposte laïque)

mardi 15 juin 2010

Le dernier carré de la gauche

Contribution présentée par Pascal Olivier pour le congrès national du MRC - Paris 26 et 27 juin 2010

L’oligarchie mondialisée semble préférer Dominique Strauss-Kahn à Nicolas Sarkozy. Le PCF ne veut plus du mot “nationalisation”, trop de relents nationalistes ! Bientôt ce sera fasciste de vouloir des services publics.

«Aiguillon républicain» d’une gauche finissante, est-ce un rôle à la hauteur de l’enjeu ? Le dernier carré de la gauche, le MRC, seul espoir qui reste pour ressusciter la gauche, est-il en train de gâcher ses chances ?

De la question islamique en France

Sur la question du voile intégral “nous avons été en dessous du niveau de la mer” pour reprendre une expression célèbre d’Elisabeth Badinter sur le traitement  de la polygamie par la gauche au pouvoir. Le MRC qui devrait être en première ligne pour rejeter la «judiciarisation» du débat politique s’est comporté comme une antichambre du Conseil d’Etat. Ce n’est pas son rôle. Si interdire le voile intégral est anticonstitutionnel on demande au souverain de se prononcer par référendum, si c’est contraire à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, on demande un protocole additionnel et cela d’autant plus aisément que son article 9 est un dévoiement, entre autres à force de précisions rajoutées, de l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

La question islamique devient centrale en France, autant que la crise, le peuple le sent bien. Nos lacunes, nos carences et nos fautes sur cette question font nous confondre avec la fausse gauche. C’est dommage parce que sur le reste les événements nous donnent raison. Qui d’autre mieux que nous a le devoir impérieux de critiquer et de s’opposer au droitier et gauchicide islam, loi et doctrine politique figées, érigées en dogme et sacralisées, à la spiritualité toute relative mais avec un liant fort qui cimente la oumma ?

Il va falloir remettre en cause beaucoup de certitudes, penser et repenser. “Face à la question islamique, la laïcité n’est d’aucun secours” prévient Pascal Hilout, né Mouhamad, d’une mère intégralement voilée, et rédacteur à Riposte laïque. Il commence ainsi sa conférence : “A mon sens, la laïcité, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, est un pays de Cocagne pour le communautarisme à base de religion islamique.” http://www.ripostelaique.com/Face-a-la-question-islamique-la.html

De la question turque

Comme pour nous confondre encore plus avec la fausse gauche, notre Programme de Salut public par son article 10 fait sien le sophisme de Michel Rocard : celui qui consiste à prétendre que l’Europe, ayant renoncé à la puissance politique n’est plus qu’une vaste zone de libre-échange, et que dans ce cas, l’adhésion de la Turquie ne pose pas de problème.

La Turquie, quant à elle, n’a pas renoncé à la puissance politique. Recep Erdogan tente de mettre en application sa déclaration du 5 octobre dernier “Restaurer la grandeur de l’Empire ottoman”, notamment par son action téléguidée aux confins des eaux territoriales de Gaza sous blocus et des eaux internationales. L’Empire turc ne peut pas “restaurer la grandeur de l’Empire ottoman”, coincé entre l’Empire russe et l’Empire perse. Il a besoin de la profondeur européenne pour se faire. La lui offrir est une faute politique, stratégique et historique.

L’Europe a renoncé à la puissance pour se mettre sous le parapluie de l’OTAN. Les Etats-Unis s’empressent par ailleurs d’y faire entrer tout candidat à l’Union européenne avant son adhésion. Il faut que la carte de l’Union européenne colle avec celle de l’OTAN. Les Etats-Unis pèsent de tout leur poids pour nous imposer l’adhésion de la Turquie avec ses 800 000 hommes sous les drapeaux, deuxième armée de l’OTAN. Brzezinski et Huntington préconisaient un nouveau rideau de fer après la chute du mur de Berlin pour séparer le monde orthodoxe slave du reste de l’Europe. La Turquie est une carte maîtresse des Etats-Unis pour empêcher que le protectorat Ouest-Européen ne devienne un acteur stratégique indépendant en opérant la naturelle jonction avec la Russie. La géopolitique étasunienne coïncide avec celle de la Turquie en Asie centrale, dans le Caucase et dans les Balkans. Le récent rapprochement russo-turc n’est que de circonstance, dû à la démonstration de force de la Russie en août 2008. Cela n’empêche pas que La Turquie en Europe serait le meilleur moyen de nous éloigner, voire plus de la Russie.

Si cet article 10 est maintenu tel quel, il y aura donc unanimité sur le sujet, de l’extrême-gauche au centre-gauche, à l’exception peut-être de Laurent Fabius, en total décalage avec le peuple et contre ses intérêts.

Oui à une politique méditerranéenne intégrant la question turque ; mais sans perdre de vue que nous avons à faire à une Turquie très peu respectueuse des souverainetés : incursions militaires fréquentes en Irak, blocus de l’Arménie depuis 15 ans, occupation et colonisation de Chypre, refus de reconnaissance de Chypre pourtant membre de l’Union européenne, refus d’étendre le protocole d’Ankara à Chypre, harcèlement militaire permanent de la Grèce provocant des engagements fréquents.

Donner des gages à la Turquie n’est pas une garantie de paix, c’est même plutôt risqué. Souvenons-nous début 1996, juste après l’entrée en vigueur du protocole d’Ankara qui supprimait les barrières douanières entre l’Union européenne et la Turquie - ce qui correspond à l’entrée dans l’ancienne CEE - la Turquie s'autorise à revendiquer mille puis trois mille îles grecques remettant en cause le traité de Lausanne de 1923 et le traité de paix de Paris de 1947. Les turcs envahissent l’îlot d’Imia et nous échappons de peu à une conflagration. Le 17 décembre 2004 la Turquie salue à sa manière la décision du Conseil européen d’ouvrir des négociations d’adhésion avec elle, malgré son obstination à ne pas reconnaître Chypre, en survolant la Grèce continentale à basse altitude avec une armada de chasseurs et de bombardiers.

Du dialogue des civilisations

“Vœux pieux, exorcisme, mantra, exutoire ” (Régis Debray) ou “moulin à prière” (Hubert Védrine) que cet improbable “dialogue des civilisations”. Les civilisations ne dialoguent pas ! Evitons le mièvre et le ridicule. Ce serait dommage que le MRC, rare parti qui verse dans la production théorique de qualité s’abaisse à des considérations de patronage.

Il n’y a pas affrontement entre l’occident et le monde musulman mais plutôt alliance pour assujettir les peuples. L’occident a jadis favorisé le jihad en Afghanistan, le favorise en Asie Centrale, dans le Caucase, dans les Balkans et ailleurs. Les Etats-Unis en envahissant l’Irak se sont attaqués à un des Etat les plus séculier du monde musulman. Ils ne se sont justement pas attaqués à l’Arabie Saoudite ou au Pakistan. En Irak comme dans les Balkans et ailleurs, on favorise l’émergence de satrapies islamiques. Ce sont les descendants des passagers du Mayflower qui ont réemburqané les afghanes qu’avait libérées l’armée rouge. Ce sont les mêmes qui ont favorisé l’islam contre la gauche arabe, ultime tentative des chrétiens d’Orient à travers les partis laïques, panarabes et progressistes pour devenir des citoyens à part entière. Et que dire du massacre de 500 000 communistes, encouragé par l’oncle Sam dans une Indonésie qui bascule aujourd’hui dans l’obscurantisme. Il s’agirait donc d’en finir avec les souverainetés, les nations, la démocratie et la solidarité pour une “gouvernance mondiale” ! Et si l’islam était l’instrument rêvé ? Quoi de mieux qu’une loi à prétention universelle profondément inégalitaire, ségrégationniste et coercitive ? Obama-Caracalla ou l’un de ses successeurs pourrait bien se transformer en Obama-Constantin et organiser l’islam en fer de lance religieux de l’Empire. Voilà qui aiderait bigrement les Etats-Unis dans leur volonté de continuer à diriger seuls le reste du monde. Oussama Ben Laden pourra à nouveau déclarer comme il le fit dans les années 90 au directeur des cahiers de l’Orient, Antoine Sfeir : ” les Etats-Unis sont un don du ciel”. La diplomatie américaine semble déjà avoir choisi son camp en France, elle est présente lors de l’inauguration de mosquées comme à Saint-Etienne en compagnie d’un ministre algérien connu pour faire la chasse aux chrétiens dans son pays.

De la nostalgie en guise de conclusion

“La nostalgie n’est pas de mise” peut-on lire à la fin de notre Programme de Salut public.

Pourtant la nostalgie est le seul sentiment authentiquement révolutionnaire. En 1792 il y a une volonté de retour à un idéal civique antique, en 1848 il y a la nostalgie de 1792, derrière Marcos il y a Bolivar.

Et si la République, qui est d'hier, revenait demain ? Ce ne serait pas la première pirouette de l'opéra-planète qui n'a jamais cessé de suivre en son for intérieur le mot d'ordre de Giuseppe Verdi : « Tournons-nous vers le passé, ce sera un progrès ». Pour être résolument modernes, osons être archaïques. C'est en ressuscitant l'Antiquité gréco-romaine que les hommes de la liberté, ces grands nostalgiques, enjambant le XVIIIème vers l'arrière, ont devancé tous leurs contemporains. Nous oublions trop que l'Ancien Régime, c'était leur modernité à eux. Ne la trouvant pas assez moderne, ils vainquirent l'ancien par l'antique : le style Louis XV par la rhétorique Brutus, Boucher par David. L'invention du futur a de ces ruses, comme si l'histoire, parfois, devait reculer pour mieux sauter.” Extrait de Etes vous démocrate ou républicain ? de Régis Debray dans le Nouvel Observateur du 30 novembre 1989.

Nous avons une lourde responsabilité devant l’histoire. Si nous n’arrivons pas à sauver la gauche, les républicains et les patriotes de l’autre rive auront fort à faire avec la multitude des princes Salina sans foi ni loi dont la droite est truffée, et qui changeront tout pour que tout demeure, quitte à passer à l’islam. On reconnaît un conservateur au fait qu’il n’a aucune nostalgie constate Régis Debray. Soyons révolutionnaires, ayons de la nostalgie. De nous dépend que l’oppression ne demeure plus.

samedi 8 mai 2010

Le turc de profession Daniel Cohn-Bendit appelle des ses vœux à l'émasculation du sabre et du goupillon grecs

Daniel Cohn-Bendit s'était déjà distingué en appelant les théopétromonarchies à retirer leurs avoirs des banques helvétiques pour sanctionner le vote démocratique des suisses sur les minarets.

Que la Grèce ait perdu sa souveraineté monétaire avec l'euro et politique avec l'UE ne lui suffit pas, notre turc de profession aimerait qu'il en soit de même avec son Eglise nationale et son armée. Il faut faire place nette pour le Grand Turc.

Le Figaro

France Info

Détestable est cette fascination des écologistes pour les prédateurs. Ces nouveaux païens, réactionnaires et obscurantistes en diable, ont rompu avec l'humanisme et les Lumières. Dame Nature est leur nouvelle déesse. Il y a une régression, quelque chose d'antéchrétien, un culte du plus fort, du prédateur, un  ensauvagement qui favorise les bourreaux au détriment des victimes.



"La nature est bien faite et fait bien les choses". A rapprocher d'un discours que l'on retrouve, entre autres, dans certains documentaires animaliers qui nous présentent les prédateurs comme d'indispensables éboueurs qui débarrassent la nature des faibles et des malades. Nous retrouvons la même idéologie chez des partisans de l'immigration clandestine qui y trouvent comme avantage que ça sélectionne les plus forts.



La volonté de réintroduction du loup en France ou l'entrée de la Turquie en Europe participent de la même idéologie mortifère.

Pascal Olivier

mercredi 17 mars 2010

Jean-Luc Mélenchon a délibérément choisi l’islam contre la République

« Nous qui entendons la grande roue de l’histoire de nouveau faire entendre sa musique, quand les peuples cherchent de tous côtés comment sortir de l’impasse dans lesquelles on veut les enfermer, nous voyons, le mufle de l’ennemi de nouveau, souffler, ses humeurs fétides, regarder quelle est la solution, le problème c’est l’autre, le danger c’est le voisin, celui qui n’a pas la bonne couleur de peau, qui n’a pas la bonne religion ; la religion, la revoilà. Eh bien nous, nous avons un slogan, pas de religion en politique, pas de religion en politique, pas de religion en politique ! La religion est une affaire qui est dans le cœur de certains, et que comme telle nous respectons, mais elle n’a rien à faire dans l’arène politique, misérable qui l’a ramené, misérable qui a inventé des querelles grotesques sur ce qu’on sert dans un restaurant ou pas, comme si la laïcité avait à voir avec le hamburger, la laïcité c’est une institution de l’Etat, ça ne concerne pas les victuailles. Mais nous voyons bien ce qu’on veut faire, c’est faire prendre comme ils l’ont fait avant-guerre de manière infâme et jusqu’au meurtre de masse, contre les juifs, faire la même chose, la figure du bouc émissaire, avec tous ceux qui sont de religion musulmane ou supposés tels. Et ça nous les laïques nous ne le laisserons pas faire. » Extrait du discours de JLM le 1er mars 2010 à la Mutualité. (Les fautes de français et de syntaxe appartiennent à leur auteur, JLM)

Cette fois-ci la messe est dite. Adieu le JLM touché par la grâce républicaine lors de la campagne sur le référendum de 2005 ; envolée la joie suscitée par sa prise de position sur le voile intégral. Adieu les espoirs que JLM pouvait encore susciter. On voulait y croire, malgré les doutes, les interrogations et les inquiétudes maintes fois exprimés par Christine Tasin, Jeanne Bourdillon et d’autres.

JLM est loin d’être un imbécile ou un ignare, il sait pertinemment que l’islam est une loi, une doctrine politique figée, érigée en dogme et sacralisée, à la spiritualité toute relative mais avec un liant fort qui cimente toute la oumma. JLM n’est pas un "idiot utile", il est un guerrier qui a choisi son camp, celui de l’ennemi. Désormais il se servira de son vernis laïque et républicain pour enliser la riposte à l’obscurantisme islamique dans une guerre civile. Il a sciemment amalgamé cette lutte d’émancipation au massacre de masse et au génocide. Il est de l’engeance des parlementaires de la SFIO qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain. Il n’est plus à gauche, on ne peut se prétendre de gauche et soutenir ce qu’il a de plus de droitier et de plus gauchicide, l’islam.

« Nous avons les moyens de vous diviser » est une menace islamique proférée lors du débat autour de la commission Stasi. Les diviseurs n’avaient alors, en 2003-2004, que partiellement accompli leur œuvre. Ils trouvent aujourd’hui en JLM un architecte à la hauteur de leur espérance. JLM, maquignon des armées obscurantistes, les parera des atours de la gauche, de la République et de la laïcité pour mieux brouiller les pistes. De quoi disqualifier en les poussant vers l’extrême droite ceux qui n’en pourront mais. Ceux restés à gauche seront confortés dans l’idée que les opposants à l’islam sont des fachos et se solidariseront encore plus avec les travestis. La droite classique comme à l’accoutumée entérinera les rapports de force.

De la part d'ombre de JLM nous connaissions le zélateur de Maastricht. Le faussaire déclarait au Sénat le 9 juin 1992 : « Maastricht est un compromis de gauche » et inventait une nation hors sol, sans peuple, « la nation européenne ». En guise de « demos » nous avons eu un « cratos », une formidable oligarchie chausse-pied de la mondialisation libérale.

Moins connues sont les causes de l’échec des négociations entre le MRC de Jean-Pierre Chevènement et Le Front de gauche lors des dernières européennes de 2009. Elles attestent que le chemin de Damas de JLM sur la construction européenne est une chimère et que JLM n’est ni le républicain ni le patriote qu’il prétend être. Pour le Front de Gauche les mots « République » ou « républicain » sentaient le soufre et même le mot « nationalisations » était trop connoté !

« La discussion a achoppé sur quatre points dont l’un est évidemment essentiel : la souveraineté nationale parce qu’elle donne un point d’appui pour redresser la construction européenne. Les autres points (1. refus d’employer le mot « croissance » même assorti des épithètes « social et écologique » ; 2. refus d’accepter l’expression « l’exigence républicaine » ; et enfin 3. exigence d’une régularisation de tous les sans papiers, en dehors de tout critère d’intégration et même « dans le cadre d’une stratégie de codéveloppement »), ont révélé que nos interlocuteurs n’avaient pas la volonté d’aboutir. Nous étions prêts à renoncer à l’expression « souveraineté nationale » à condition que fût pris en compte l’amendement suivant : « On ne construira pas l’Europe sans et à plus forte raison contre les nations qui sont le cadre privilégié (ou premier) de l’expression démocratique et de la solidarité ». Cette demande a été rejetée. Nos interlocuteurs ont allégué une « souveraineté européenne » qui n’existe pas, ou évoqué une « assemblée constituante européenne » dont la réunion n’est pas à l’ordre du jour. » Extrait de la déclaration de Jean-Pierre Chevènement du 24 mars 2009.

JLM n’est pas non plus l’internationaliste qu’il prétend être. Croire en la nation est un préalable. « Un peu d’internationalisme éloigne de la nation, beaucoup y ramène » (Jean Jaurès). Il est un européiste et un mondialiste. Y rajouter le préfixe « alter » ne change rien à l’affaire.

Adieu Jean-Luc Mélenchon !

Pascal Olivier

jeudi 14 janvier 2010

Comment on doit gouverner les États ou principautés qui, avant la conquête, vivaient sous leurs propres lois

Quand les États conquis sont, comme je l’ai dit, accoutumés à vivre libres sous leurs propres lois, le conquérant peut s’y prendre de trois manières pour s’y maintenir : la première est de les détruire ; la seconde, d’aller y résider en personne ; la troisième, de leur laisser leurs lois, se bornant à exiger un tribut, et à y établir un gouvernement peu nombreux qui les contiendra dans l’obéissance et la fidélité : ce qu’un tel gouvernement fera sans doute ; car, tenant toute son existence du conquérant, il sait qu’il ne peut la conserver sans son appui et sans sa protection ; d’ailleurs, un État accoutumé à la liberté est plus aisément gouverné par ses propres citoyens que par d’autres.

Les Spartiates et les Romains peuvent ici nous servir d’exemple.

Les Spartiates se maintinrent dans Athènes et dans Thèbes, en n’y confiant le pouvoir qu’à un petit nombre de personnes ; néanmoins ils les perdirent par la suite. Les Romains, pour rester maîtres de Capoue, de Carthage et de Numance, les détruisirent et ne les perdirent point. Ils voulurent en user dans la Grèce, comme les Spartiates ils lui rendirent la liberté, et lui laissèrent ses propres lois mais cela ne leur réussit point. Il fallut, pour conserver cette contrée, qu’ils y détruisissent un grand nombre de cités ; ce qui était le seul moyen sûr de posséder. Et, au fait, quiconque ayant conquis un État accoutumé à vivre libre, ne le détruit point, doit s’attendre à en être détruit. Dans un tel État, la rébellion est sans cesse excitée par le nom de la liberté et par le souvenir des anciennes institutions, que ne peuvent jamais effacer de sa mémoire ni la longueur du temps ni les bienfaits d’un nouveau maître. Quelque précaution que l’on prenne, quelque chose que l’on fasse, si l’on ne dissout point l’État, si l’on n’en disperse les habitants, on les verra, à la première occasion, rappeler, invoquer leur liberté, leurs institutions perdues, et s’efforcer de les ressaisir. C’est ainsi qu’après plus de cent années d’esclavage Pise brisa le joug des Florentins.

Mais il en est bien autrement pour les pays accoutumés à vivre sous un prince. Si la race de ce prince est une fois éteinte, les habitants, déjà façonnés à l’obéissance, ne pouvant s’accorder dans le choix d’un nouveau maître, et ne sachant point vivre libres, sont peu empressés de prendre les armes ; en sorte que le conquérant peut sans difficulté ou les gagner ou s’assurer d’eux.

Dans les républiques, au contraire, il existe un principe de vie bien plus actif, une haine bien plus profonde, un désir de vengeance bien plus ardent, qui ne laisse ni ne peut laisser un moment en repos le souvenir de l’antique liberté : il ne reste alors au conquérant d’autre parti que de détruire ces États ou de venir les habiter.

Chapitre 5 du Prince de Nicolas Machiavel

lundi 9 novembre 2009

Du prétendu débat sur l'identité nationale

Eric Besson ne rate pas une occasion de citer Ernest Renan dans le cadre du prétendu débat qu'il a initié sur l'identité nationale. C'est pourtant Ernest Renan lui-même qui est censuré. Voici le commentaire que j'ai posté le 5 novembre dernier sur le site officiel sensé accueillir ce débat, commentaire qui a fait l'objet d'une censure :

Que penserait Renan s'il se retrouvait parmi nous aujourd'hui ? "Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L'une est dans le passé, l'autre dans le présent. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. L'homme, Messieurs, ne s'improvise pas. La nation, comme l'individu, est l'aboutissant d'un long passé d'efforts, de sacrifices et de dévouements." in Qu'est-ce qu'une nation ? Conférence donnée en Sorbonne en 1882 par Ernest Renan.

Les maints soulèvements, petits ou grands, dans les territoires perdus de la République aux cris d'allah akbar, la revendication d'une parité politique en lieu et place de l’égalité, l’allégeance supranationale à la «oumma», la séparation avec le voile islamique et jusque dans la mort avec la revendication de cimetières musulmans ainsi que les mosquées, lieux politiques d'extra-territorialité, sont-ils compatibles avec cette définition de la nation ? C'est Ernest Renan lui même qui nous donne la réponse. "L'islamisme (à l'époque on n'avait pas inventé la très peu pertinente discrimination entre islam et islamisme) ne peut exister que comme religion officielle ; quand on le réduira à l'état de religion libre et individuelle, il périra. L'islamisme n'est pas seulement une religion d'État, comme l'a été le catholicisme en France, sous Louis XIV, comme il l'est encore en Espagne, c'est la religion excluant l'État... L'islam est la plus complète négation de l'Europe ; l'islam est le fanatisme, comme l'Espagne du temps de Philippe II et l'Italie du temps de Pie V l'ont à peine connu". Discours au Collège de France en 1862.

Pascal Olivier

vendredi 18 septembre 2009

Quand la gauche s'éveillera, l'islam tremblera

Bravo à l'ensemble de la gauche, et particulièrement à Henri Emmanuelli, qui s'est opposé à l'amendement introduit par le Sénat, soutenu par le Gouvernement et voté par une droite sans foi ni loi en dernière lecture à L'Assemblée nationale le 17 septembre dernier, amendement qui permet de modifier le Code civil pour l'adapter à la charia en matière fiduciaire. "On introduit le droit islamique dans le droit positif français", a déclaré Henri Emmanuelli. "Cela nous heurte profondément. C'est inacceptable. Vous faites n'importe quoi."

La gauche serait-elle sur le point de recouvrer la charge morale de la nation dont elle est historiquement la dépositaire depuis la Grande révolution ? Serions-nous sur le point de sortir du double brouillage gauche-droite introduit par l'exception gaullienne d'une part et par une contre-révolution déguisée en révolution, mai 68, d'autre part ? Si tel était le cas, nous éviterions, au moins en France, qu'une gauche finissante serve d’alibi, voire de supplétif, aux obscurantistes armées qui sourdent de partout en Europe, nous aurions gagné du temps et épargné de la peine, des larmes et du sang.

Nous pourrions même nous payer le luxe d'un bel affrontement idéologique gauche-droite, la droite faisant amende honorable en œuvrant pour la démigration, la gauche faisant amende honorable en œuvrant pour la désislamisation. Belle empoignade en perspective dont la France sortirait gagnante. Nonobstant la virulence du débat, les protagonistes auraient la même bienveillance pour leurs adversaires que celle dont font preuve les obscurantistes "modérés" vis à vis des obscurantistes "extrémistes" et vice et versa.

Le dénouement sous forme de dépassement pourrait être, inspiré de notre tradition révolutionnaire : "Tout apostat à l'islam dans le monde, assimilé à un combattant de la liberté, est français de plein droit".

Pascal Olivier

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